Vidéo "Affaires sensibles". Quand Rédoine Faïd s'attaquait aux fourgons blindés, le Graal du banditisme

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"Affaires sensibles". Quand le braqueur Rédoine Faïd décide de passer aux fourgons blindés, le graal dans le milieu du banditisme
"Affaires sensibles". Quand le braqueur Rédoine Faïd décide de passer aux fourgons blindés, le graal dans le milieu du banditisme "Affaires sensibles". Quand le braqueur Rédoine Faïd décide de passer aux fourgons blindés, le graal dans le milieu du banditisme (AFFAIRES SENSIBLES / FRANCE 2)
Article rédigé par France 2
France Télévisions
De vols à main armée en évasions rocambolesques, le braqueur un brin mégalo avait déjà gravi un certain nombre d'échelons dans le grand banditisme… Pour entrer dans la "cour des grands", il lui manquait l'attaque d'un fourgon blindé. C'est chose faite en 1997, à Villepinte. Extrait de "Rédoine Faïd : le braqueur aux multiples visages", à voir dans "Affaires sensibles".

"Il se regarde braquer, il est en perpétuelle recherche de lumière…" "Il veut se distinguer, il veut raconter une histoire, il veut écrire sa propre légende…" Sur la personnalité de Rédoine Faïd, dont "Affaires sensibles" dresse un portrait, les témoignages s'accordent à lui attribuer une certaine mégalomanie. En 1997, après une série de braquages, il brûle de passer à la vitesse supérieure. Dans le milieu du grand banditisme, le Graal, c'est l'attaque de fourgons blindés. "C'est beaucoup plus reconnu que de 'faire' des banques, confirme Yazid Kherfi, ancien braqueur devenu travailleur social qui a visité Rédoine Faïd en prison. Parce qu'il y a beaucoup d'adrénaline, il y a de l'action, c'est dangereux…"

L'adrénaline et l'action, Rédoine Faïd semble ne pas pouvoir s'en passer. Sur la plage de Tel-Aviv où il s'était "mis au vert" sous une fausse identité, il a sombré dans l'ennui, ainsi qu'il l'a confié avec complaisance dans une interview à France Inter. Il était donc temps, pour le bandit "braquodépendant", de planifier sa première attaque de fourgon blindé. Cinéphile, il imagine reproduire le scénario de l'un de ses films d'action favoris : Heat, un face-à-face entre un gangster (incarné par Robert De Niro) et un policier (joué par Al Pacino). Exactement comme l'équipe de braqueurs du film, Faïd et ses complices dissimuleront leurs visages sous des casques de hockey.

Un convoyeur en a longtemps fait des cauchemars

Le commando passe à l'action le 3 juillet 1997. Ce jour-là, Yvon B. est au volant d'un fourgon qui transporte 12 millions de francs lorsqu'il tombe dans l'embuscade. Quinze ans plus tard, le convoyeur de fonds se sent "encore coupable de ne pas avoir convaincu [s]es collègues de ne pas descendre. (...) Moi, je voulais forcer, les deux autres ont dit : 'Non, on descend'. On est descendus...", raconte-t-il, ajoutant avoir redouté de recevoir une balle dans la nuque à ce moment-là.

Yvon B. se retrouve aussitôt ligoté au sol avec un de ses collègues, et les sacs de billets passent prestement dans l'une des voitures des malfrats. Tout semble se dérouler comme l'a souhaité le "metteur en scène"… C'est alors que surgit un véhicule de la Brigade anti-criminalité (BAC), aussitôt accueilli par trois tirs en rafale. L'un des agents riposte et touche Rédoine Faïd à l'épaule, une blessure qui ne l'empêche pas de prendre la fuite avec ses complices et une partie du pactole : 2 700 000 francs, soit plus de 400 000 euros. Yvon B., lui, en fera longtemps des cauchemars. L'ancien convoyeur de fonds mettra "à peu près quatre, cinq ans à en sortir", selon son témoignage.

Extrait de "Rédoine Faïd : le braqueur aux multiples visages", une enquête réalisée par Alexis de La Fontaine, à revoir dans "Affaires sensibles", une coproduction France Télévisions, France TV presse, France Inter et l’INA, adaptée d’une émission de France Inter.

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