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Portes fermées et fanfaronnades dans les coulisses de France 2

C'était la neuvième émission de "Des paroles et des actes" depuis le début de la campagne présidentielle, jeudi 12 avril. Et en coulisses, cela sentait l'épuisement, la tension d'une fin de marathon. 

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Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche, dans les coulisses de "Des paroles et des actes", le 12 avril 2012. (ARNAULD CHAMPREMIER-TRIGANO / TWITTER)

C'était la neuvième émission de "Des paroles et des actes" depuis le début de la campagne présidentielle, jeudi 12 avril. Et en coulisses, cela sentait l'épuisement, la tension d'une fin de marathon. 

Les consciencieux arrivent très à l'avance comme François Bayrou, Jacques Cheminade ou Jean-Luc Mélenchon. "Ah, là, il va me falloir une table !", lance l'homme du Front de gauche. Et de se mettre au travail illico, porte close. Dans le couloir central, au même moment, un géant en noir transporte trois grosses poêles pour le futur buffet. D'autres, en chemise blanche et costume sombre, ont l'appareil réglementaire en tire-bouchon dans l'oreille, l'attribut des gardes du corps.

Une caméra de direct est en faction, prête à bondir sur une autre catégorie politique : le pressé mais dans l'absolue maîtrise de son timing. Nicolas Sarkozy, emporté par son pas rapide, a raté ses appartements et a dû revenir en arrière. Trop pressé de s'isoler, même s'il distribue un "bonsoir" ici et là. L'objectif était, semble-t-il, de croiser François Bayrou à la sortie de sa prestation, mais le Béarnais du centre fait savoir en s'éclipsant qu'il veut éviter "toute image interprétable".

Cheminade indigné, Sarkozy tendu, Mélenchon à la fête

Affamée, Nathalie Kosciusko-Morizet fait un sort aux canapés de fine charcuterie, au moment où Jacques Cheminade, en plateau, refuse de s'indigner devant une affiche de Barack Obama grimé en Hitler. "Manifestement, je gêne", grince-t-il de retour au sous-sol.

Beaucoup d'amertume livrée en vrac au micro du reporter Guillaume Daret, qui recueille les réactions des candidats à la sortie du plateau. Nathalie Arthaud, notamment, avoue sa difficulté à concentrer tout ce qu'elle avait à dire, elle qui ne connaît pas les plateaux télé. Les enjambées présidentielles fendent de nouveau la petite foule des journalistes et des agents de sécurité, cette fois vers le départ. Nicolas Sarkozy lâche un "c'était trop court", un expert glisse qu'"il était très tendu". Plus tôt, Franck Louvrier, son conseiller en communication, souriait en confiant que le président candidat faisait "une bonne campagne, même si on verra bien pour quel résultat !" 

Mais de toute évidence, ce sous-sol ne connaît pas de mélodie politique ce soir, dix jours avant le premier tour : les portes des loges restent toutes fermées, ni poignée de main, ni simple rencontre. Enfin, survient Jean-Luc Mélenchon. Détendu avant comme après sa prestation. "Allez, maintenant, on va se boire un pot", lance-t-il en improvisant une conférence de presse autour du buffet réachalandé. Et de railler la cravate bleue du journaliste François Lenglet. "Dans dix ans, nous serons au pouvoir !", jure-t-il. 

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