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Que se passe-t-il avec les militants de Greenpeace emprisonnés en Russie ?

Trente militants de l'ONG environnementale, en majorité étrangers, sont détenus depuis mi-septembre dans la région de Mourmansk. Explications. 

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Des militants de Greenpeace manifestent pour la libération de 30 de leurs, emprisonnés en Russie depuis mi-septembre, devant le siège de Gazprom, à Paris, mercredi 9 octobre 2013.  (MIGUEL MEDINA / AFP)

Trois grimpeurs sont descendus en rappel depuis le toit du 68, avenue des Champs-Elysées, mercredi 9 octobre, et ont déployé une bannière sur laquelle était inscrit "Gazprom. Free The Arctic 30″. Objectif : protester contre la détention, depuis mi-septembre en Russie, de 30 militants de l'ONG environnementale, accusés de "piraterie en groupe organisé". A bord du bateau Artic Sunrise, ils ont tenté d'aborder une plateforme du géant russe gazier Gazprom en Arctique.

Le même jour, le directeur exécutif de Greenpeace International, Kumi Naidoo, a demandé à rencontrer le président russe, Vladimir Poutine, "en urgence". Selon lui, les 30 détenus sont "désormais des prisonniers de conscience, et relèvent à ce titre de la responsabilité du monde". Retour sur des arrestations en passe de devenir un épineux sujet diplomatique. 

Qui a été arrêté ? 

Les trente membres de l'équipage de l'Artic Sunrise, dont voici les noms, sont 4 Russes et 26 ressortissants de 17 autres pays - dont 6 Britanniques, 2 Canadiens, un Américain et un Français. Ce dernier, Francesco Pisanu a 38 ans et a grandi en région parisienne. Selon son portrait diffusé par Greeanpeace, il est matelot salarié sur les bateaux de l'organisation internationale depuis la fin des années 2000. 

Deux journalistes indépendants font également partie des détenus, dont Denis Sinyakov, un photographe qui a travaillé au bureau de Moscou de l'AFP.

Que faisaient-ils en Russie ?

Le bateau de Greenpeace, Arctic Sunrise, qui bat pavillon néerlandais, a été dépêché en mer de Barents pour protester contre des projets d'exploitation pétrolière de Gazprom. Le géant énergétique russe prévoit d'entamer la production sur la plateforme Prirazlomnaïa, première à forer dans les eaux glacées de l'Arctique, au premier trimestre 2014. Les écologistes dénoncent le risque de pollution dans une zone proche de trois réserves naturelles protégées par la loi russe.

Les militants ont été arrêtés à la suite de l'arraisonnement de leur navire, le 19 septembre. Des commandos armés de fusils d'assaut sont descendus d'un hélicoptère à bord de l'Arctic Sunrise et ont enfermé tout l'équipage dans le mess, comme le montrent ces images diffusées par France 2. 

ALBAN MIKOCZY / VALERY SIDOROV - FRANCE 2

Que leur reproche-t-on ? 

Jeudi 3 octobre, la justice russe les a inculpés pour "piraterie".  Ils risquent jusqu'à 15 ans de prison. Par ailleurs, le comité d'enquête russe a annoncé, mercredi 9 octobre, préparer de nouvelles inculpations pour "crimes graves" à l'encontre de certains membres de l'équipage du navire de Greenpeace. "L'enquête est en train d'identifier les individus qui ont volontairement éperonné les embarcations des garde-côtes (...), portant ainsi atteinte à la vie et à la santé de représentants de la force publique."

De plus, "des produits stupéfiants [apparemment du pavot et de la morphine] ont été saisis à bord", ajoute le Comité d'enquête, indiquant rechercher d'où viennent et à quoi étaient destinés ces produits. 

Quelles sont leurs conditions de détention ? 

Lundi 7 octobre, un avocat de Greenpeace a dénoncé les conditions de détention "inhumaines" des 30 militants. Plusieurs d'entre eux "n'ont pas d'accès à l'eau potable" et tous font l'objet "d'une vidéosurveillance permanente", jusque dans les toilettes, a-t-il souligné.

Certains militants sont détenus à Apatity, à 190 km de Mourmansk, et ils sont transportés pour des audiences dans cette ville à bord de "fourgons cellulaires non chauffés". "Personne ne reçoit de soins médicaux appropriés", a poursuivi l'avocat. 

Leur situation est d'autant plus compliquée que la plupart d'entre eux sont des ressortissants étrangers et ne parlent pas russe, a souligné l'avocat. Ainsi, ils ne peuvent pas remplir un formulaire pour pouvoir retirer de l'argent de leur compte bancaire ou tout simplement demander la permission aux gardiens d'ouvrir la fenêtre.

Quelles sont les conséquences diplomatiques ? 

"La France suit avec beaucoup d'attention l'évolution de ce dossier", a déclaré Laurent Fabius, interpellé mercredi sur ce thème à l'Assemblée nationale. "En contact avec nos partenaires, nous allons continuer d'assurer la protection consulaire de notre compatriote et nous intervenons auprès de la Russie pour qu'une solution rapide soit apportée à cette affaire", a précisé le ministre des Affaires étrangères. 

Par ailleurs, les relations entre la Russie et les Pays-Bas sont tendues depuis l'arraisonnement du navire. Ces derniers ont annoncé engager une procédure juridique contre la Russie au titre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.

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