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UMP : dis-moi qui tu soutiens et je te dirai qui tu es...

Première étape dans la recomposition de la droite : l'élection, mercredi, du président du groupe UMP à l'Assemblée nationale. En sous-main, les candidats à la tête du parti lui-même et les ambitions pour 2017. Décryptage.

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(De G. à D.) Jean-François Copé, François Fillon et Alain Juppé, tous  candidats potentiels à la tête de l'UMP en octobre prochain, à Bordeaux, le 3 mai 2012. (JEAN-PIERRE MULLER / AFP)

Non, non, ils ne mettront pas les pieds dans le plat. Enfin, pas trop. De toute façon, à les entendre, tous les ténors UMP, candidats à la présidence du groupe à l’Assemblée ou pas, candidats à la tête du parti tout court ou pas, souhaitent la même chose. Du "débat d’idées" avant tout. Et de la "démocratie interne", également appelée "dialogue". Et de "l'apaisement". Avec "un recentrage sur les valeurs". Sans oublier le fond, alias le "projet politique". Mais ils veulent aussi "de l’unité". Et par-dessus tout, "le rassemblement".

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Pourtant, les uns tirent vers le centre. Les autres vers la droite de la droite. Pourtant, ils se prononceront en deux étapes : mercredi 20 juin, les députés UMP ont élu leur chef de file à l’Assemblée. Christian Jacob, président sortant, a recueilli la majorité des voix. A l’automne, le parti, réuni en congrès, élira son président.

En coulisse, des grandes manœuvres. En surface, des petits mots. Décryptage.

• Si tu soutiens Christian Jacob…

Tu penches pour Jean-Francois Copé. C’est l’équipe en place. Jean-François Copé, à la tête du parti, a installé son ami Christian Jacob à la tête des députés. L’un et l’autre sont candidats à leur propre succession ; Jacob l'a d'ores et déjà emporté, le mercredi 20 juin. Pour Jean-François Copé, le moment de vérité aura lieu en novembre. Un tremplin avant la présidentielle de 2017, pour laquelle il n’a jamais caché ses ambitions.

Tu dis : Des amabilités sur Christian Jacob, évidemment : "solide", "chaleureux", "loyal". Et tu soulignes la "combativité" du duo. Qualité indispensable pour mener la vie dure à la majorité socialiste et diriger la bataille lors des prochaines élections. Qualité dont ils auraient déjà fait preuve durant les campagnes présidentielles et législatives.   

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Tu veux : un discours fort. Assumer la droitisation par exemple, qui vise à ne pas laisser trop de place sur ta droite au FN. Et donc à ne pas hésiter à parler identité nationale, sécurité, ou flux migratoires. Et tu salues la stratégie de Jean-François Copé de vouloir laisser s'exprimer "plusieurs courants, sensibilités" au sein de l'UMP. "La question qui se pose c'est 'plus ou moins de concessions au FN ?', et surtout, 's'adresse-t-on aux seuls électeurs ou aussi aux dirigeants frontistes ?'", confirme Pascal Perrineau, politologue au Cevipof.       

• Si tu soutiens Xavier Bertrand…

Tu penches pour François FillonC’est l’équipe challenger, le ticket fraîchement déménagé des ministères après la défaite de Nicolas Sarkozy. L’ancien Premier ministre se verrait bien à la tête du parti, l’ex-ministre du Travail vise, lui, le groupe UMP à l’Assemblée. François Fillon pourrait, lui aussi, se lancer dans la course à l’Elysée en 2017.

Tu dis : Du bien de Xavier Bertrand, naturellement : "homme d’expérience""qui a été secrétaire général de l’UMP" et un "bon ministre". Et aussi qu’être "dans l’opposition", ce n’est pas la même chose qu’être chef de file de la majorité. Bref, "changement de donne", changement d’équipe.

Tu veux : un recentrage. Libéré depuis la défaite aux législatives, tu entames l'inventaire des échecs de la droite. Dont le premier : la course au FN. Tu dénonces "une dérive", regrettes "l'absence de frontière étanche" avec le parti d'extrême droite, et veux parler "de l'économie, de la crise". Et souhaite, a minima, que l'UMP "marche sur ses deux jambes", la droite mais aussi et surtout celle du centre. "C'est le choix d'une prise de distance par rapport à tout ce qu'il s'est passé précédemment, celui d'une autre sensibilité", sous-titre Pascal Perrineau.

• Si tu sors ton joker…

Tu penches peut-être pour Alain Juppé. Ou bien ce pourrait même être toi, l'alternative. C'est le choix donc de certains qui se lanceraient bien dans la course à l’Elysée dans cinq ans mais qui n'en sont pas tout à fait sûrs. Et qui, du coup, auront besoin d’avoir le parti derrière eux, mais ne vont pas se battre pour prendre sa tête dès maintenant.     

Tu dis : Du bien de Xavier Bertrand et de Christian Jacob. Ou rien du tout. En revanche, pour la tête de l’UMP, le mieux, c’est quelqu’un qui n’a pas (encore) manifesté d’ambition pour 2017, un "animateur de courants" capable de s'effacer.

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Tu veux : Attendre un peu. Débattre. Et si tes "idées ne sont pas représentées" au congrès, bien sûr, tu n'exclus pas de te présenter toi-même. "L'UMP est une véritable rampe de lancement, si l'affrontement entre Fillon et Copé tournait au vinaigre, au débat stérile, on verrait se multiplier les candidatures", promet Pascal Perrineau.

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