Tout-à-l’égout du Cap Nègre : Sarkozy limoge le préfet du Var

En aout 2008, le chef de l’Etat s’était occupé personnellement de l’épineuse question du tout-à-l’égout du Cap Nègre, où la famille de son épouse possède une luxueuse résidence. Un an plus tard, le dossier n’a pas avancé. Et le préfet du Var vient d’être mis au placard, selon le site {mediapart.fr}…

(Radio France © France Info)

"M. Jacques Laisné (…) sera réintégré dans son corps d’origine", annonce le décret présidentiel, lapidaire, publié au Journal officiel le 5 juin. Quarante-huit heures plus tôt, le communiqué du conseil des ministres, encore plus sec, évoquait la nomination du nouveau préfet du Var, Hugues Parant, sans un mot sur la nouvelle affectation de son prédécesseur.

Et pour cause. Car Jacques Laisné n’a pas reçu de nouvelle affectation. Préfet hors-cadre, il va donc rejoindre son corps d’origine, la Cour des comptes. Dans le sérail de la "préfectorale", "il se murmure toutefois que la brutalité de cette éviction serait liée à l’implication du chef de l’Etat dans cette très locale affaire de propriétaires qui secoue le Cap Nègre", précise le site internet mediapart.fr. Nos confrères ont bien tenté d’obtenir une explication officielle à ce départ aussi mystérieux que précipité. De la préfecture toulonnaise à l’Elysée, en passant par le ministère de l’Intérieur, la réponse est la même : pas de commentaire .

Du conseil municipal à l’affaire d’Etat

C’est donc du côté de "l’affaire" de l’égout du Lavandou que se trouve l’explication la plus rationnelle. Faut-il raccorder le Cap Nègre au tout-à-l’égout, au prix de très lourds investissements que la cinquantaine de propriétaires ne semble pas prête à payer ? Se présentant comme le "gendre" de la famille Bruni-Tedeschi, le chef de l’Etat s’invite à la réunion des copropriétaires, en août dernier. Et convoque quelques jours plus tard une réunion de crise dans la propriété de sa belle-famille, avec préfet, directrice de l’Equipement, maire et copropriétaires (lire Le Plus France Info, ci-dessous).

Pour arrondir les angles et convaincre les récalcitrants, le président promet de lourdes subventions publiques (pour ce domaine privé), et le préfet évoque même une éventuelle exécution d’office des travaux.

Mais depuis un an, le zèle du préfet Laisné se serait émoussé. "Le préfet a évolué dans un sens qui nous est beaucoup plus favorable, et nettement moins aux ordres de M. Sarkozy", affirme le principal opposant au projet, Jacques Huetz, l’un des copropriétaires, cité par mediapart.fr, Les subventions publiques ne sont pas encore venues, et l’affaire d’Etat relèverait de nouveau de la simple autorité municipale.

Si cet épineux dossier de l’égout du Lavandou est toujours au point mort, la carrière du préfet Laisné vient, elle, de bénéficier d’un sérieux coup de frein.
_ Tout comme celle, en septembre dernier, de l'ex-grand patron de la sécurité de Corse, Dominique Rossi, limogé au lendemain de l'intrusion de la villa de Christian Clavier, ami intime du chef de l'Etat (lire ci-dessous).

Invitée de France Info, Michèle Alliot-Marie affirme ce soir que le remplacement de Jacques Laisné "n'est en rien une sanction : M. Laisné retourne dans son corps d'origine, la Cour des Comptes". (voir l'interview de la ministre de l'Intérieur ci-dessous)

Gilles Halais, avec agences