Stupéfaction et ricanements après l'attaque de Valérie Trierweiler contre Ségolène Royal

La compagne du président de la République a apporté son soutien, sur son compte officiel Twitter, au candidat dissident PS, alors même que François Hollande a adressé un mot de soutien à Ségolène Royal.

La compagne de François Hollande, Valérie Trierweiler, à Tulle (Corrèze), le 5 mai 2012.
La compagne de François Hollande, Valérie Trierweiler, à Tulle (Corrèze), le 5 mai 2012. (MORIN AWAAD / MAXPPP)

Un tout petit tweet, 137 malheureux signes et la polémique est lancée, écartant l'actualité des législatives. Dans un  message envoyé sur son compte Twitter, mardi 12 juin à midi, la compagne de François Hollande, Valérie Trierweiler, a apporté son soutien au candidat dissident Olivier Falorni, opposant de Ségolène Royal dans la circonscription de La Rochelle-Ile de Ré (Charente-Maritime). 

Valérie Trierweiler aurait même reçu l'accord de son compagnon avant de publier ce message de soutien polémique, affirme l'entourage du dissident PS, cité par le journaliste d'i-Télé Antoine Estève.

Stupeur. La déclaration est d'autant plus étonnante que François Hollande a envoyé un mot de soutien à son ancienne épouse, en difficulté dans cette circonscription. Dans un restaurant de La Rochelle, où déjeunent Martine Aubry, Cécile Duflot et Ségolène Royal, on pense qu'il s'agit "d'un faux" à moins que le compte n'ait été "piraté", selon Sud Ouest. Pas de quoi s'inquiéter, c'est une "manipulation". 

Que nenni. La Première dame (qui n'aime pas qu'on l'appelle ainsi) confirme l'authenticité de son message à l'Agence France-Presse d'un "oui" à un SMS l'interrogeant sur la réalité du tweet incendiaire.

Pourquoi un tel remue-ménage ?

Obstacle sur la route de Ségolène Royal vers l'Assemblée nationale, Olivier Falorni ne lâche rien depuis les résultats du premier tour. Avec Royal, "on ne se hait pas, on se vomit", aurait dit, selon Le Canard enchaîné, celui qui refuse que cette circonscription acquise à la gauche soit un "tremplin pour atterrir sur un perchoir doré". Et d’opposer le candidat "ancré ici" et celle "vue à la télé". Ce tweet est donc une vraie déclaration de guerre de la compagne de François Hollande à l'"ex" du président.

Interrogé par une journaliste du Figaro qui se trouve à La Rochellele candidat dissident se réjouit et assure qu'il n'était pas "prévenu" du tweet de soutien.

 

 

"Ce message me fait chaud au cœur", dit-il encore aux journalistes de France 2.

Consternation à l'Elysée

Dans le camp présidentiel, on soupire. D'après un journaliste du Monde, un conseiller de l'Elysée se dit "scotché". 

 

De son côté, Ségolène Royal, sollicitée par une journaliste de Libération en reportage à La Rochelle, joue le mutisme afin, dit-elle, de se concentrer sur la campagne pour le second tour des législatives. Une position qu'elle a réitéré mardi soir sur le plateau de France 3 Poitou-Charentes"Vous savez très bien que je ne vais pas répondre à cette question, je ne ferai aucun commentaire", a-t-elle déclaré.

 

Interrogée par la même journaliste de Libération, la première secrétaire du Parti socialiste veut rassurer : tout ce qui compte, c'est le soutien de François Hollande.

Le premier ministre Jean-Marc Ayrault a rappelé mardi soir que le président de la République et lui-même soutenaient "à fond la candidature de Ségolène Royal". Interrogé sur les propos de Valérie Trierweiler, il a expliqué "ne pas vouloir commenter les commentaires". "Ce n'est que des péripéties", a-t-il ajouté.

Comment expliquer cette sortie ?

Les relations entre Royal et Trierweiler sont connues pour être orageuses. "Ségolène Royal reste, cinq ans après l'annonce de la séparation, l'objet d'une jalousie profonde et irraisonnée de la part de celle qui lui a succédé dans le cœur de François Hollande", assure L'Express.

La compagne du président de la République avait prévenu dans une interview accordée à l'hebdomadaire Femme actuelle et publiée le 28 avril (article abonnés) "François me fait totalement confiance. Sauf sur mes  tweets ! Certains aimeraient que je réagisse moins sur ce réseau social, mais tout le monde respecte ma liberté. J'ai du caractère, on ne peut pas me brider."

Selon RMC, cité par un journaliste de Numerama, on lui aurait recommandé d'invoquer le piratage. Sans succès.

Toutefois, pour certains observateurs, ce message pourrait être une forme d'hommage avant un désistement d'Olivier Falorni. 

La situation n'a pas échappé à l'attention de l'ancienne ministre Nadine Morano, elle aussi en difficulté pour sa réélection à Toul, qui tweetait dans l'après-midi :