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Selon Wikileaks, l'ex-président du Gabon aurait remis de l'argent à des partis politiques français

L'argent aurait profité "aux deux camps, mais surtout à droite, en particulier à (l'ancien président français Jacques) Chirac mais aussi Sarkozy", pouvait-on lire sur le site du journal espagnol El Pais.L'information provient de notes diplomatiques américaines, rendues publiques par le site Wikileaks.
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Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy aux obsèques d'Omar Bongo à Libreville, Gabon (juin 2009) (AFP/MARTIN BUREAU)

L'argent aurait profité "aux deux camps, mais surtout à droite, en particulier à (l'ancien président français Jacques) Chirac mais aussi Sarkozy", pouvait-on lire sur le site du journal espagnol El Pais.

L'information provient de notes diplomatiques américaines, rendues publiques par le site Wikileaks.

Cette information a été donnée après la mort d'Omar Bongo, en juin 2009, par un haut fonctionnaire de la BEAC (réserve de banques africaines).

Pour l'UMP "tout cela est totalement fantaisiste"
Sans surprise et dans une belle unanimité, les deux principaux partis politiques français, l'UMP et le PS, ont nié jeudi avoir touché des fonds de l'ex-président gabonais Omar Bongo.

Interrogé par l'AFP, le trésorier du PS, Régis Juanico, a assuré que son mouvement "ne se sent en rien concerné par ces affirmations", notant au passage que "seuls des noms de droite sont cités".

De son côté, le porte-parole de l'UMP, Dominique Paillé, a affirmé que "tout cela est totalement fantaisiste", invitant "d'autant plus à la prudence que les notes citées utilisent le conditionnel, ce qui démontre la très grande fragilité de ces accusations". L'Elysée n'a pas réagi, conformément à la règle qu'il s'est fixée de ne pas répondre aux allégations du site internet.

28 millions d'euros auraient été détournés
Selon le câble datant de juillet 2009, le gouverneur de la BEAC, le gabonais Philip Andzembe, avait placé en secret 500 millions d'euros dans un investissement à haut risque de la banque française Société Générale.

Après que ce placement non autorisé a été rendu public, un audit de la BEAC a été mené et "a révélé des malversations encore plus larges et plus audacieuses, liées à la hiérarchie des officiels gabonais", a indiqué le fonctionnaire à l'origine de cette information. "L'enquête interne a montré que 36 millions de dollars (environ 28 millions d'euros, ndlr) ont été détournés via des chèques à des hauts responsables du Gabon", a-t-il dit.

Le clan au pouvoir au Gabon, "dont le défunt président Omar Bongo et son fils Ali, ministre de la Défense et candidat à la présidence (élu depuis à la tête du pays, ndlr), a bénéficié du détournement de fonds", indique le document.

"Cette ambassade n'est pas en mesure de vérifier la véracité de l'accusation selon laquelle des hommes politiques français ont bénéficié du détournement de fonds", se contente de conclure le câble, signé de l'ambassadeur américain au Cameroun Janet Garvey.

Une enquête est en cours en France sur le patrimoine dans l'Hexagone de trois présidents africains et de leurs proches, dont Omar Bongo, suite à une plainte de Transparency International, une ONG spécialisée dans la lutte contre la corruption.

Le Gabon évoque une "énième atteinte" à la mémoire d'Omar Bongo
La ministre de la Communication gabonaise a dénoncé jeudi une "énième atteinte" au défunt président Bongo de la télévision France 24 et de Radio France internationale (RFI) qui diffusent des informations selon lesquelles il aurait versé des fonds à des partis français.

"Il s'agit là d'une énième atteinte des deux médias (RFI et France 24) du Pole audiovisuel extérieur français à l'endroit de la mémoire de notre président disparu", écrit la ministre Laure Olga Gondjout dans une lettre adressée à Alain de Pouzhilhac, numéro un de l'Audiovisuel extérieur de l'Etat (AEF), et communiquée à l'AFP.

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