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Rompant avec sa position personnelle de 2007, François Bayrou va voter pour François Hollande

Jeudi, François Bayrou a fait connaître son choix pour le second tour. Il votera François Hollande. Un choix personnel mais une décision prise après avoir réuni ses troupes au siège du MoDem toute la journée. Il ne donne pas de consigne générale.
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FRançois Bayrou à son arrivée en conférence de presse (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Jeudi, François Bayrou a fait connaître son choix pour le second tour. Il votera François Hollande. Un choix personnel mais une décision prise après avoir réuni ses troupes au siège du MoDem toute la journée. Il ne donne pas de consigne générale.

A 17 heures, François Bayrou s'est retranché dans son bureau pour prendre sa décision, après avoir écouté toute la journée, les délégués de son parti, venus au siège du MoDem, à Paris.

Pas de consigne de vote

Il n'y a pas eu de vote, mais tous les avis se sont exprimés. "L'ambiance a été respecteuse", assure Jean-Luc Benhamias, vice-président du parti centriste. Un consensus s'est dégagé pour ne pas soutenir Nicolas Sarkozy. Il restait à trancher entre l'abstention, comme en 2007, et le soutien à François Hollande.

A 19h 20, M. Bayrou pénètre dans la salle où il a convoqué les journalistes pour la dernière conférence de presse de la campagne. La mine grave, juste un léger sourire.

"J'ai examiné depuis deux semaines, l'évolution du deuxième tour de l'élection présidentielle", déclare le candidat en préambule après un silence marqué.

"Je ne donnerai pas de consigne genérale de vote. Chacun de mes amis, chacun de mes électeurs s'exprimera en conscience. Je sais qu'il y aura des expressions différentes. Et je les respecterai. C'est donc mon choix personnel que je vais vous exprimer", poursuit-il.

Il se livre ensuite à l'analyse politique de la campagne.

"Nicolas Sarkozy s'est livré à une course poursuite à l'extrême-droite dans laquelle nous ne retrouvons pas nos valeurs (..) La ligne choisie par Nicolas Sarkozy est violente, elle entre en contradiction avec les valeurs du gaullisme et de la droite républicaine", explique M. Bayrou, excluant de fait un soutien au président de la République.

"Reste le vote de François Hollande"

Il examine ensuite l'hypothèse du vote blanc, comme il l'avait fait en 2007, mais pour la rejetter immédiatement.

"Je ne veux pas voter blanc, ce serait de l'indécision. Dans ces circonstances, l'indécision est impossible", ajoute-t-il.

"Reste le vote de François Hollande. C'est le choix que je fais" , en conclut aussitôt le président du MoDem, qui va ensuite s'empresser de préciser ce qui apparaît comme un choix par défaut. Il ne fixe pas des conditions à François Hollande mais lui dessine un axe de philosophie commune, reconnaissant que le candiadt socialiste s'est engagé "à moraliser la vie publique".

Mise en garde

Pendant la campagne, il avait jugé le programme de M. Hollande "insoutenable" d'un point de vue économique. Aujourd'hui il parle de programme "inadapté" face à la crise "qui vient".

"Je pense que devant cette crise inéluctable, il n' y aura qu'une attitude possible: une unité nationale", juge le président du MoDem, qui ajoute "que cette unité ne se réalisera jamais si chacun reste dans la logique des camps anciens"

"Je ne suis pas et je ne deviendrai pas un homme de gauche. Je suis un homme du centre et j'entends le rester", prévient-il néanmoins à l'attention du candidat socialiste

"Si François Hollande en reste à la gauche classique et à son programme, je serai un opposant , dans une opposition vigilante et constructive", conclut M. Bayrou qui s'en va s'en répondre aux questions des journalistes.

Il est applaudi par les cadres du MoDem qui ont assisté à son discours.

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