Vidéo Présidentielle : "Déçu" par le score de Marine Le Pen, Robert Ménard estime qu'il faut "peut-être imaginer à droite autre chose avec d'autres gens"

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Tout en précisant qu'il "a bien sûr" voté pour Marine Le Pen, le maire de Béziers, Robert Ménard, regrette que la candidate malheureuse à l'élection présidentielle n'ait pas fait sa "mue".

"Comment peut-on parler de victoire éclatante ? (...) C'est d'abord une énorme déception", a lancé lundi 25 avril sur franceinfo Robert Ménard, soutien du Rassemblement national, au lendemain de la défaite de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle.

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Elle "n'a pas fait sa mue", a regretté le maire de Béziers, tout en précisant qu'il a "bien sûr" voté pour elle. "Peut-être qu'il faut imaginer à droite autre chose avec d'autres gens", a estimé Robert Ménard, mais pas avec Eric Zemmour qui a, selon lui, "franchi une ligne rouge".

franceinfo : Le score atteint au second tour de la présidentielle peut-il être qualifié de "victoire éclatante" comme l'a dit Marine Le Pen ?

Robert Ménard : Comment peut-on parler de victoire éclatante ? Je veux bien la langue de bois, je veux bien qu'il faille brosser dans le sens du poil ses militants. Ce n'est pas sérieux, c'est d'abord une énorme déception. Je vous rappelle qu'il y a encore quinze jours, au lendemain du premier tour, il y avait des sondages qui donnaient les candidats à touche-touche. On ne savait pas ce qu'il en serait. Ce qui n'a pas marché, ce sont les insuffisances de la ligne du Rassemblement national. En ce qui concerne le domaine économique, par exemple, il y a un certain nombre de manques, de réalismes que tout le monde touche du doigt.

Sur l'Europe, il y a une partie du chemin qui est faite, mais une autre partie qui n'est pas faite. Et puis, sur la scène internationale, il est difficile d'oublier qu'une partie de cette droite-là reste un peu fascinée par M. Poutine et cette espèce de nationalisme un peu viril. Et ça plombe la candidature de Marine Le Pen. Mais je crois qu'elle n'a rien à voir avec son père. Dire qu'elle est raciste et xénophobe, qu'elle menace la liberté, la démocratie, tout ça ce sont des stupidités au sens propre du terme. Mais on peut en même temps remarquer qu'un certain nombre de choses ne sont pas faites. Marine Le Pen n'a pas fait sa mue. Elle reste encore marquée par son parti.

Pour vous, sa reconduction dans cinq ans n'est pas automatique ?

Non, je ne crois pas du tout. On ne peut pas être battu un certain nombre de fois comme ça et ne pas en tirer des leçons. On a eu droit à tout pendant cette campagne à droite : la version extrémiste d'Éric Zemmour, on a vu, ça a terminé à 7%. De l'autre côté, Mme Pécresse, une espèce de droite dont on ne sait pas très bien ce qui la différencie de M. Macron. C'est un échec aussi. Et au milieu, si j'ose dire, Marine Le Pen ne réussit pas à convaincre la majorité des Français. Peut-être qu'il faut imaginer à droite autre chose avec d'autres gens.

Hier soir, Eric Zemmour a tendu la main à Marine Le Pen en vue des élections législatives, cette union des droites est-elle possible ?

Pour faire quoi ? Si c'est pour confondre l'islam et l'islamisme, pour montrer du doigt tout un tas de gens qui ne pensent pas comme nous, non. Eric Zemmour a été un ami pendant des années, j'en parle librement. Il a franchi une ligne rouge que je ne suis pas prêt à franchir. Et je l'ai dit à Marine. Si c'est pour faire des concessions sur le fond, ce ne sera pas seulement sans moi, mais contre moi. Parce que je ne veux pas entendre parler d'un discours qui divise à ce point les Français. Aujourd'hui, on a besoin d'être rassuré.

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