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Réunis lundi soir, des élus centristes ont confié à Jean-Louis Borloo "l'animation d'une coordination" des centres

Une soixantaine d'élus issus de l'UMP, du Parti radical (PR), du Nouveau centre (NC) et de la Gauche moderne (GM) étaient rassemblés à l'initiative de l'ancien ministre de l'Ecologie dans une annexe de l'Assemblée nationale.Seul Hervé Morin, patron du NC, manquait à l'appel. Les deux hommes doivent s'entretenir mardi.
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Jean-Louis Borloo (AFP/Miguel Medina)

Une soixantaine d'élus issus de l'UMP, du Parti radical (PR), du Nouveau centre (NC) et de la Gauche moderne (GM) étaient rassemblés à l'initiative de l'ancien ministre de l'Ecologie dans une annexe de l'Assemblée nationale.

Seul Hervé Morin, patron du NC, manquait à l'appel. Les deux hommes doivent s'entretenir mardi.

Au lendemain du remaniement, les centristes de tous bords ont critiqué . Seuls deux ministères restent aux mains des centristes: la Justice (Michel Mercier) et la Ville (Maurice Leroy). Des accusations rejetées par le centriste Henri de Raincourt, ancien ministre des relations avec le Parlement et devenu dimanche ministre chargé de la Coopération. "J'ai le sentiment que toutes les sensibilités qui composent la majorité y sont représentées. Je trouve que c'est tout à fait normal de parler du Nouveau Centre et de son président, de parler du Parti radical et de son président mais il ne faut pas que du coup ça obscurcisse toute l'image de rassemblement qui est celle de l'UMP et de l'ouverture qui a été faite aux autres familles qui composent la majorité présidentielle".

Ecartés du gouvernement, Jean-Louis Borloo et Hervé Morin veulent revenir à leurs racines centristes, avec très probablement la présidentielle de 2012 dans un coin de leur tête. Chacun de leur côté, lundi, les deux hommes ont annoncé réfléchir à une nouvelle stratégie de recomposition du centre, tout en critiquant la "mainmise de l'UMP-RPR" sur l'exécutif et le parti présidentiel. Une réorganisation en ordre dispersé. "Le centre veut désormais faire entendre sa différence dans une majorité qui ne cesse de se réduire à une peau de chagrin", prévient Laurent Hénart, numéro 2 du Parti radical. Jean-Marie Bockel, patron de la Gauche moderne, est lui prêt à participer à une "confédération des centres".

Borloo a pris les devants en réunissant un large échantillon de ce que la scène politique compte de centriste. Une réunion à huis clos à laquelle a également participé Jean-Pierre Raffarin, vice-président de l'UMP, et Dominique Paillé, cadre du PR, mais sans Hervé Morin qui avait décliné l'invitation. Jean-Louis Borloo s'est vu confier "l'animation d'une coordination" des centres. "Il faut construire une majorité réellement équilibrée. Sans la composante centriste, on ne gagnera pas en 2012", a-t-il expliqué. Son départ du gouvernement a été "unanimement" salué par les élus présents qui y voient "un acte fondateur". Raffarin a pour sa part appelé à prolonger cette coordination au Parlement.

Du côté du Parti radical, on insiste sur le fait que cette "nouvelle coordination centriste" ne se veut nullement "une force d'opposition" à l'UMP, mais se pose davantage en force "de proposition". Laurent Hénart, numéro 2 du PR, a indiqué qu'un départ de Borloo de l'UMP serait évoqué lors d'un bureau national mercredi. Mais une scission n'est pas à l'ordre du jour.

Rencontre mardi entre Borloo et Morin

Hervé Morin, quant à lui, n'a pas tardé non plus à préparer son après-gouvernement. Lundi en fin d'après-midi, l'ex-ministre de la Défense réunissait ses cadres pour travailler à l'élaboration de son projet politique. Le patron du Nouveau Centre entend pour sa part "faire en sorte que les centristes puissent porter un projet autonome". Il plaide pour "un centrisme de construction". Mais il se défend de toute ambition pour 2012, pour le moment. "Je vous ai dit que nous aurions un cheminement qui nous amènerait à déterminer l'homme qui portera notre message en 2012", a-t-il expliqué sur RTL.

"C'est maintenant que tout commence. Les centristes sont devant un acte fondateur à réaliser", approuve le député Philippe Vigier, porte-parole du Nouveau centre. Avec une nuance de taille: "cela doit se faire autour du seul parti centriste indépendant, le Nouveau centre". Des propos relayés sur la chaîne Public Sénat par le sénateur de l'Eure Hervé Maurey: "si M. Borloo souhaite participer à la reconstruction du centre, la première chose évidemment c'est qu'il quitte l'UMP".

La question du rassemblement de la famille centriste devrait être évoquée mardi lors d'un déjeuner en tête en tête entre Jean-Louis Borloo et Hervé Morin dont le lieu n'a été révélé par aucun des deux camps.

Il faudra en tout cas aux deux hommes travailler leur image. Car selon un sondage IFOP pour France-Soir, réalisé vendredi dernier avant le remaniement, c'est toujours François Bayrou (MoDem) qui incarne le plus les idées et les valeurs du centre (41%), loin devant Borloo (24%)… et Dominique de Villepin (23%).

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