Huées, applaudissements, vociférations : le discours de Valls vu depuis l'Hémicycle

Gauche et droite ont fait du bruit dans l'Assemblée nationale pendant et après le discours de politique générale du Premier ministre. Beaucoup de bruit. 

Le Premier ministre, Manuel Valls, répond aux questions des députés après son discours de politique générale, à l\'Assemblée nationale, mardi 8 avril 2014. 
Le Premier ministre, Manuel Valls, répond aux questions des députés après son discours de politique générale, à l'Assemblée nationale, mardi 8 avril 2014.  ( MAXPPP)

Pour son discours de politique générale, Manuel Valls s'est exprimé devant un auditoire réactif. Entre huées, applaudissements et abandon des bancs de l'Assemblée, francetv info a étudié l'attitude des élus face aux annonces du nouveau Premier ministre.

>Discours du nouveau premier ministre, Manuel Valls

Huées et ironie à droite

Elles sont revenues tout au long du discours du Premier ministre. Tantôt pour sanctionner le bilan vanté par la gauche dans la bouche de l'ancien ministre de l'Intérieur, tantôt pour réagir aux annonces de ce dernier : les huées ont parcouru les bancs de la droite. "A qui la faute ?" "Vous êtes au pouvoir !" ont lancé des élus d'opposition, alors que Manuel Valls a évoqué une France vivant dans la peur du déclassement.

FRANCE 3

A droite de l'Hémicycle, les mines sont apparues carrément indignées lorsque Manuel Valls a salué la politique en matière d'emploi menée par le président de la République et le gouvernement précédent. "Aaaaaah", ont encore ironisé une partie des bancs de l'Assemblée quand il a évoqué le dossier de la transition énergétique et l'organisation, à Paris, de la grande conférence sur le climat. Mais la déclaration qui a suscité le plus l'ironie de l'opposition a concerné la réforme des rythmes scolaires. "C'est une bonne mesure", a assuré Manuel Valls, essuyant des éclats de rire. 

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Indignation pour d'autres 

Depuis leur siège dans l'Hémicycle, certains députés n'ont pas manqué de nommer les trublions ou d'interpeller le président de l'Assemblée sur la nécessité de mettre un terme au brouhaha ambiant. 

 Pas besoin d'être député pour se plaindre de cette atmosphère électrique. Sur  Facebook, l'ancien ministre de l'Education nationale (entre 2002 et 2004) dans le gouvernement Raffarin, Luc Ferry, s'est énervé : "Qu'un Premier ministre, de droite ou de gauche, peu importe, ne puisse pas parler devant des adultes, des parlementaires, sans que ces gens vocifèrent comme des malades mentaux, c'est consternant", a-t-il réagi. "Comment demander à nos enfants de se conduire convenablement dans une classe si les députés se conduisent comme des abrutis devant tous les français ?", s'est-il indigné, réagissant aux conditions dans laquelle le Premier ministre a donné son discours.

"Cela me rappelle toutes les raisons pour lesquelles j'ai quitté ce monde politique dérisoire, mal élevé, dénué d'intelligence, de culture, de civilité, bref, d'humanité..." a-t-il conclu. 

Ovation des socialistes 

A l'inverse, la gauche de l'Hémicycle a plusieurs fois témoigné de son soutien au Premier ministre, ponctuant notamment les passages les plus symboliques de son allocution : comme lorsqu'il a évoqué "la grandeur de la France, (...) la grandeur de Jaurès, de Clémenceau, de De Gaulle, la grandeur du maquis". Les applaudissements nourris des bancs de la gauche ont enfin conclu la séquence dans laquelle Manuel Valls a expliqué "pourquoi [il a] voulu devenir Français", disant l'honneur de devenir Premier ministre. Et de terminer par une standing ovation des socialistes. 

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Après le discours de Valls, des bancs désertés de part et d'autre

Une fois le discours de Manuel Valls terminé, les députés ont pu (ou pas) suivre les allocutions des présidents de groupes des différentes formations politiques. Mais la réponse au Premier ministre du chef de file de l'UMP à l'Assemblée, Christian Jacob, n'est pas parvenue jusqu'aux oreilles des élus de la majorité : ils ont quitté l'Hémicycle. 

Même stratégie à droite. Les élus UMP se sont quant à eux levés quand est arrivé le président des radicaux de gauche, Roger-Gérard Schwartzenberg, racontent des journalistes du Monde.fr sur place.