Référendum en Nouvelle-Calédonie : le vote divise même chez les Kanaks

Oui ou non, la Nouvelle-Calédonie va-t-elle devenir indépendante ? Les électeurs sont appelés aux urnes dimanche 4 novembre.

Dimanche 4 novembre, journée historique pour la Nouvelle-Calédonie. Cela fait 30 ans que certains Calédoniens attendent ce référendum pour l'indépendance. Un vote qui divise, même au sein de la communauté kanake. Rachel Aucher, 57 ans, cadre supérieur, est pour l'indépendance. Annie Qaeze, 29 ans, ingénieure, est quant à elle contre l'indépendance. Les partisans du maintien dans la France restent néanmoins minoritaires chez les Kanaks, ils seraient moins de 30%. L'afficher publiquement n'est jamais facile.

Aujourd'hui, l'État français subventionne 15% de l'économie locale. Pour Annie, engagée en politique depuis quatre ans, la Nouvelle-Calédonie n'a ni les moyens ni les ressources pour s'assumer seule. C'est grâce à ses études en métropole qu'elle a forgé ses convictions. "C'est cette France-là qui m'a permis de devenir ingénieure. Elle m'a donné cette chance de me former, de m'épanouir", assure-t-elle.

Une question de dignité

Dans le camp adverse, jusqu'au dernier jour on tente de convaincre les indécis. Rachel Aucher a vécu les affrontements des années 1980, voter oui à l'indépendance est une évidence. "C'est une question de dignité. Ça touche à ma personne au plus profond de mon intimité, de mon identité kanake", explique-t-elle. Une question de dignité et de rééquilibrage de la société. Rachel est cadre supérieur, un statut que n'atteignent que 3% des Kanaks. Un sentiment d'injustice pour elle. Au-delà des clivages, l'abstention sera l'un des autres enjeux de ce référendum.

Le JT
Les autres sujets du JT
Sylvain Pabouty et Pascal Meimdi dans le squat de Nouville en Nouvelle-Calédonie.
Sylvain Pabouty et Pascal Meimdi dans le squat de Nouville en Nouvelle-Calédonie. (ELISE LAMBERT/FRANCEINFO)