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Quelles solutions proposent les candidats à la présidentielle pour lutter contre le chômage ?

Le social est de retour ! Préoccupation majeure des Français oblige, la lutte contre le chômage devient le fer de lance de la campagne de la plupart des candidats à la présidentielle. Tour d'horizon des principales propositions en lice.
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France Télévisions
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En 2011, le chômage a augmenté de 5,6% (AFP)

Le social est de retour ! Préoccupation majeure des Français oblige, la lutte contre le chômage devient le fer de lance de la campagne de la plupart des candidats à la présidentielle. Tour d'horizon des principales propositions en lice.

Le couperet est tombé mercredi. Le chômage est à son plus haut niveau depuis 13 ans. Une sacrée épine dans le pied de Nicolas Sarkozy à 87 jours du premier tour de la présidentielle.

Résultat, le président-pas-encore-candidat détaillera dimanche 29 janvier les mesures d'urgences qu'il souhaite mettre en place rapidement afin d'enrayer cette crise.

Il avait déjà avancé des propositions lors du sommet social qu'il avait convoqué à l'Elysée le 17 janvier dernier. Parmi elles figure la création de 1000 postes à Pôle emploi pour faire face à la hausse des demandeurs d'emploi. Le président sortant tient également à mettre en place des mesures pour favoriser le developpement du chômage partiel et des offres.

Par ailleurs, il s'est engagé à ce que les demandeurs d'emploi de plus de deux ans se voient proposer systématiquement une prise en charge (formation/emploi). Enfin, l'instauration de la TVA sociale constitue la recette anti-crise pronée par l'UMP.

Que proposent les candidats ?

Le principal adversaire de Nicolas Sarkozy fait également de la lutte contre le chômage une priorité.

Parmi ses "60 engagements pour la France" qu'il a dévoilés jeudi, François Hollande prévoit la création de 150 000 emplois d'avenir pour favoriser l'insertion des jeunes. Il prône la création de ses fameux "contrats de génération" pour permettre l'embauche en CDI de jeunes accompagnés par un salarié senior jusqu'à ce que celui-ci parte en retraite.

Le candidat socialiste veut mettre fin à la défiscalisation et aux exonérations de charges sur les heures supplémentaires, sauf pour les TPE et augmenter les cotisations chômage pour les entreprises qui abusent des emplois précaires.

M Hollande a promis lui aussi la création de 1000 postes, mais dans la police, la justice et la gendarmerie.

"Mon enemi, c'est le chômage"

François Bayrou s'est emparé du problème du chômage pour marquer sa différence avec François Hollande qui a déclaré lors de son discours du Bourget que son enemi était "la finance". Ce à quoi M. Bayrou a retorqué que son enemi à lui était "le chômage".

Pour lui, la relance de l'emploi passe par développement la production nationale. Il souhaite que la France redevienne "un grand pays producteur et exportateur"et propose de créer un label "acheter français" pour inciter le consommateur à se tourner vers des productions nationales.

Réindustrialisation

Du côté du Front national, Marine Le Pen veut tourner le dos aux politiques "d'accompagnement social" du marché de l'emploi (contrats aidés ou autres emplois jeunes) qu'elle juge inefficaces. La candidate d'extrême droite milite pour la réindustrialisation de la France par le protectionnisme et le soutien aux PME.

Mme Le Pen compte sanctionner "très sévèrement" l'emploi de travailleurs clandestins : il constitue, selon elle, une concurrence déloyale au marché légal du travail. Elle souhaite par ailleurs que les entreprises soient incitées à donner la priorité à des personnes dotée de la nationalité française.

Elle ne compte pas revenir sur les 35 heures afin de ne pas "perturber" le fonctionnement du marché du travail. Elle souhaite en revanche autoriser la renégociation de la durée hebdomadaire du temps de travail à la condition qu'elle s'accompagne d'une augmentation proportionnelle du salaire.

Le SMIC net à 1.700 euros

A l'autre bout de l'échiquier politique, Jean-Luc Mélenchon veut rétablir "le droit au travail, à l'emploi et au repos" dans une nouvelle répartition des richesses. Le candidat du Front de gauche veut établir les 35 heures effectives et revenir sur les mesures de la droite depuis 2002 pour les contourner. Ilsouhaite abroger la loi Mallié sur l'extension du travail le dimanche.

En outre, M. Mélenchon compte augmenter le Smic à 1.700 euros brut par mois dès 2012 puis à 1.700 euros net sur l'ensemble de la mandature. Il également compte instaurer un salaire maximum dans toutes les entreprises, publiques et privées. Et l'écart des rémunérations ne pourra pas excéder une échelle entre 1 et 20.

Enfin, il entend interdire les "licenciements boursiers" ainsi que la distribution de dividendes pour les entreprises qui licencient.

37 heures de travail hebdomadaires

Original, Dominique de Villepin met lui aussi la lutte contre le chômage au coeur de sa campagne. Il propose que l'Etat finance une partie du salaire de toute personne dont l'embauche fera augmenter les effectifs en CDI de l'entreprise.

Cette mesure serait financée par une suppression temporaire du dispositif d'exonération des heures supplémentaires jusqu'au retour du chômage sous les 7,5%, soit sa situation d'avant la crise.

En termes de temps de travail, M. de Villepin propose de porter la durée légale du temps de travail à 37 heures - comme Hervé Morin, candidat du Nouveau centre -, en échange de la moitié des exonérations de charges liées aux 35 heures, jusqu'au retour à l'équilibre des finances publiques.

Par ailleurs, l'ancien premier ministre souhaite instaurer un service public des parcours professionnels chargé de l'indemnisation et de la recherche d'emploi.

Eva Joly a promis de son côté de créer près d'un million d'emplois d'ici 2020 grâce à "l'économie verte" et au "vivre mieux" :

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