Macron : "Débattre du travail ne doit pas être un tabou, surtout à gauche"

Dans le "Journal du dimanche", le ministre de l'Economie déplore qu'on n'ait retenu que sa phrase sur la durée légale du travail, sur les  "50 feuillets" que compte son intervention face au Medef.

Le ministre de l\'Economie Emmanuel Macron à l\'unversité d\'été du Medef, le 27 août 2015, à Jouy-en-Josas (Yvelines). 
Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron à l'unversité d'été du Medef, le 27 août 2015, à Jouy-en-Josas (Yvelines).  (ERIC PIERMONT / AFP)

Recadré à deux reprises par Manuel Valls, Emmanuel Macron tient à se justifier sur sa sortie sur le temps de travail lors de l'université d'été du Medef. "Débattre du travail ne doit pas être un tabou, surtout à gauche", affirme-t-il dans le Journal du dimanche du 30 août. Le ministre de l'Economie déplore que seule sa phrase sur la durée légale du travail ait été retenue, sur les "50 feuillets" que comptait son intervention face au Medef.

Emmanuel Macron avait notamment fait cette déclaration, s'attirant les foudres de députés PS : "La gauche a cru que la France pouvait aller mieux en travaillant moins, c’était des fausses idées." Le ministre le réaffirme dans le JDD : il ne plaidait pas, alors, pour l'abrogation des 35 heures, à laquelle il s'était publiquement opposé avant d'être nommé à Bercy. 

"Le travail est une valeur centrale de la gauche"

"Ceux qui, à droite, veulent supprimer les 35 heures s'égarent", souligne-t-il. Tout comme "ceux qui, à gauche, présentant les 35 heures comme quelque chose d'intangible, refusent de poser calmement le débat non pas pour remettre en cause ce qui fonctionne bien mais pour réformer ce qui est à améliorer pour les plus jeunes, les précaires, les seniors", poursuit-il. 

Emmanuel Macron le martèle : "Le travail est une valeur centrale de la gauche" car "il libère, émancipe, sécurise". Et le ministre de plaider pour un discours de "vérité" sur le sujet : "Soit on aborde les vraies questions, on dit les choses, soit on décide de laisser le réel aux extrêmes, mais alors il ne faudra pas s'étonner de l'usage qu'en fera l'extrême droite."