Primaire de la gauche : "Plus que la survie du PS, c'est la dynamique du rassemblement qui se joue"

La primaire de la Belle alliance populaire est ouverte aux électeurs, dimanche, depuis 9h. Pour Christophe Borgel, président de la commission d'organisation, c'est surtout la dynamique de rassemblement de la gauche qui va se jouer.

Un électeur choisi ses bulletins dans un des bureaux de vote, le 22 janvier.
Un électeur choisi ses bulletins dans un des bureaux de vote, le 22 janvier. (PASCAL PAVANI / AFP)

Les bureaux de vote sont ouverts depuis 9h, dimanche 21 janvier. Les électeurs peuvent désigner les deux candidats de la Belle alliance populaire qui participeront au second tour, le week-end prochain. Mais le taux de participation reste incertain. Christophe Borgel, président de la commission d'organisation de la primaire de la gauche, a déclaré sur franceinfo que c'est "la dynamique du rassemblement à gauche" qui se joue pendant ce scrutin.

franceinfo : À partir de quel niveau estimez-vous que cette primaire sera une réussite ?

Christophe Borgel : À partir d'1,5 millions de participants, c'est vraiment beaucoup de monde. Mais plus on s'approchera des deux millions de participants, que personne ne nous accordait avant ce début de scrutin, plus ce sera un grand succès.

La droite s'est unie pour l'essentiel dans sa primaire, même si elle connaît des difficultés aujourd'hui. La primaire que nous organisons aujourd'hui, c'est le premier pas indispensable du rassemblement de la gauche, si on ne veut pas que le projet de régression sociale de M. Fillon et celui d'exclusion totale de Mme Le Pen se retrouvent face-à-face au premier tour.

Il y a 7 530 bureaux de vote, c'est presque 3 000 de moins que lors des primaires de la droite en novembre, ça vous paraît suffisant ?

La problématique, c'est surtout leur emplacement. Il suffit de regarder la carte des bureaux de vote pour voir qu'il y en a partout. Nous ne sommes pas dans la même situation qu'en 2011. On nous avait prédit qu'on aurait que 3 000 bureaux de votes, et après quand on en a annoncé 3 500, on nous a dit qu'on n'aurait pas de volontaires et pas de président dans tous les bureaux de vote.

Aujourd'hui le scrutin ouvre avec des bureaux de vote sur l'ensemble du territoire national, des présidents partout, des volontaires pour accueillir les électeurs. Il n'y a plus qu'à voter.

Cette primaire, c'est aussi un enjeu financier pour le PS. Combien ce scrutin coûte-t-il au parti ?

La primaire que nous organisons va coûter entre 3,5 et 4 millions d'euros, les électrices et les électeurs qui y voteront devront s'acquitter d'un euro à chaque tour pour participer aux frais d'organisation de la primaire. Le PS n'a pas les difficultés financières des Républicains. 

Une partie des frais seront couverts par la participation des électeurs, et si le parti socialiste doit y mettre une part aussi à partir de ses propres moyens, ce n'est pas un souci en soi. Ce n'est pas anormal qu'un parti qui organise une primaire y soit de sa poche.

Certains estiment que le parti socialiste joue sa survie avec cette primaire, c'est aussi votre avis ?

Ce qui se joue avec cette primaire, plus que la survie du parti socialiste, c'est la dynamique du rassemblement à gauche. Depuis des semaines que nous sommes engagés dans cette élection présidentielle, la gauche va de division en division.

Si elle est divisée, la gauche sera éliminée dès le premier tour de la présidentielle. Le parti socialiste, je ne l'ai jamais caché, a connu des difficultés au cours de ce quinquennat, et il lui appartient de se renouveler et de se ressourcer. Il a pris son risque en organisant cette primaire, parce qu'elle était indispensable au rassemblement de la gauche.

"Plus on s'approchera des deux millions de participants, plus ce sera un succès" a déclaré Christophe Borgel
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