VIDEO. Primaire de la gauche : passe d'armes entre Manuel Valls et Vincent Peillon sur l'accueil des migrants

Vincent Peillon a notamment déploré que l'ancien Premier ministre ait "fait la leçon" à Angela Merkel sur la crise migratoire.

Les candidats de la primaire de la gauche lors du deuxième débat sur BFM TV et i-Télé, le 15 janvier 2017, à Paris.
Les candidats de la primaire de la gauche lors du deuxième débat sur BFM TV et i-Télé, le 15 janvier 2017, à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

Le deuxième débat de la primaire de la gauche sur BFMTV, i-Télé et RMC, dimanche 15 janvier, a donné lieu à quelques piques, notamment entre Vincent Peillon et Manuel Valls au sujet de l'accueil des migrants. L'ancien ministre de l'Education a rejoint Benoît Hamon sur sa proposition de visas humanitaires pour les réfugiés, se positionnant sur le créneau de la "gauche des valeurs".

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"L'histoire nous a donné raison"

Manuel Valls était interrogé sur un discours tenu en février 2016 à Munich, au cours duquel il avait assuré que l'Europe ne pouvait "pas accueillir plus de réfugiés". Il avait plus généralement critiqué la politique migratoire de la chancelière allemande. Lors du débat, l'ancien chef du gouvernement a assumé la politique qu'il avait menée sur l'accueil des migrants, estimant que "l'histoire lui [avait] donné raison".

Ce que j'ai dit, non seulement je l'assume, mais je pense que la France a eu raison de mener cette politique, l'histoire nous a donné raison.Manuel Valls

"L'accueil illimité, ça n'est pas possible", a insisté l'ancien locataire de Matignon, assurant que son gouvernement avait "fait face à la crise migratoire""Comment être sans cœur, sans réaction face à ce drame épouvantable, notamment en Méditerranée ?" s'est aussi défendu Manuel Valls en évoquant "ces personnes, ces hommes, ces femmes, ces enfants, qui se noient, qui fuient la guerre, la misère, la torture".

"La vie, ce n'est pas une ardoise magique"

"La vie, ce n'est pas une ardoise magique", a raillé en retour Vincent Peillon, en soulignant son "désaccord profond" sur cette question qui "a marqué ce quinquennat". Il a également déploré que Manuel Valls ait "fait la leçon à la chancelière" allemande sur la crise migratoire. Rappelant que Manuel Valls avait promis d'accueillir "30 000" réfugiés, "pas plus", Vincent Peillon a poursuivi : "Nous sommes à 5 000." 

"J'ai le sentiment que les Français étaient plus généreux que leurs dirigeants", a grincé l'ancien ministre de l'Education en estimant que "nous devons accueillir, accueillir dans la durée". "Nous avons les moyens de le faire, si nous ne nous mettons pas dans la position de brûler l'unité européenne", a ajouté Vincent Peillon.

L'ancien ministre a également repris Manuel Valls sur la forme : "Je veux dire à Manuel Valls, avec l'amitié et le respect que j'ai pour lui, que quand on critique un de ses discours (...), on ne critique pas la France, on critique une politique menée au nom de la France." L'ancien locataire de Matignon a répondu tranquillement : "J'ai parlé au nom de la France. (...) J'étais Premier ministre."