Primaire de la gauche : ce que les candidats pensent de ces 12 propositions phares

Avant le premier tour de scrutin, franceinfo récapitule les positions des sept candidats.

Sylvia Pinel, Manuel Valls, Vincent Peillon, Jean-Luc Bennahmias, Arnaud Montebourg, François de Rugy et Benoît Hamon, le 15 janvier 2017, avant le deuxième débat télévisé.
Sylvia Pinel, Manuel Valls, Vincent Peillon, Jean-Luc Bennahmias, Arnaud Montebourg, François de Rugy et Benoît Hamon, le 15 janvier 2017, avant le deuxième débat télévisé. (BERTRAND GUAY / AP / SIPA)

La campagne de la primaire de la gauche touche à sa fin. Avant le troisième et dernier débat télévisé, jeudi 19 janvier, et le premier tour de scrutin dimanche 22, franceinfo récapitule les positions des sept candidats sur douze propositions phares. Revenu universel, nucléaire, loi Travail, article 49.3... Visualisez ce qu'en pensent Jean-Luc Bennahmias, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, François de Rugy et Manuel Valls.

Instaurer un revenu universel

Benoît Hamon et Jean-Luc Bennahmias sont les seuls à prôner la mise en place d'un revenu universel pour tous. Le "minimum décent" voulu par Manuel Valls concernerait tout le monde dès l'âge de 18 ans, mais sous conditions de ressources. Vincent Peillon ou Arnaud Montebourg, eux, sont opposés à cette idée.

Abroger la loi Travail

Pour Benoît Hamon et Arnaud Montebourg, il n'y a rien à garder : la loi Travail doit être purement et simplement abrogée. Vincent Peillon, lui, veut la réécrire, en supprimant les dispositions les plus controversées (comme l'inversion de la hiérarchie des normes), mais en conservant d'autres dispositions (comme le compte personnel d'activité). Les autres candidats souhaitent garder le texte en l'état, François de Rugy proposant toutefois de l'expérimenter pendant cinq ans avant de rouvrir le débat.

Interdire le diesel d'ici à l'horizon 2025

Vincent Peillon, Benoît Hamon, François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias souhaitent interdire la commercialisation de voitures diesel à l'horizon 2025. Un avis que ne partagent ni Arnaud Montebourg, ni Manuel Valls. Ce dernier propose simplement de faire converger la fiscalité sur le diesel et celle qui s'applique sur les autres carburants.

Autoriser la PMA pour toutes les femmes

Tous les candidats – sauf Manuel Valls – sont favorables à l'ouverture de la procréation médicalement assistée pour les couples de femmes. Dans son programme, l'ex-Premier ministre se borne à dire qu'il n'évitera pas le sujet, et s'en remet à "la représentation nationale" pour trancher le débat.

Supprimer le 49.3 (hors textes budgétaires)

Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, mais aussi Manuel Valls veulent supprimer de la Constitution l'article 49.3, qui permet de faire passer en force un texte au Parlement. Bien que cette mesure soit absente de leurs programmes, Vincent Peillon et Jean-Luc Bennahmias sont également favorables à la suppression du 49.3, contrairement à Sylvia Pinel et à François de Rugy, lequel estime que le 49.3 "peut avoir son utilité".

Légaliser l'usage et la commercialisation du cannabis

Pour Manuel Valls comme pour Arnaud Montebourg, c'est niet. En revanche, François de Rugy, Benoît Hamon, Sylvia Pinel et Jean-Luc Bennahmias se prononcent tous en faveur de la légalisation du cannabis, une façon selon eux de mettre fin aux trafics. De son côté, Vincent Peillon souhaite ouvrir ce débat sans avoir une idée arrêtée sur la question.

Autoriser le droit de vote des étrangers hors UE

Ce serpent de mer de la gauche (souvent promis, mais jamais réalisé) refait surface. Cinq candidats (Jean-Luc Bennahmias, Vincent Peillon, Benoît Hamon, François de Rugy, Arnaud Montebourg) veulent accorder le droit de vote aux étrangers non-européens aux élections locales. La proposition de Sylvia Pinel va encore plus loin, puisqu'elle concernerait également les élections nationales. Seul Manuel Valls est opposé à cette mesure.

Elire les députés à la proportionnelle

Jean-Luc Bennahmias, Vincent Peillon et François de Rugy proposent que les députés soient élus à la proportionnelle intégrale, permettant ainsi une représentation fidèle du vote des citoyens. Benoît Hamon et Arnaud Montebourg prônent, eux, l'introduction d'une dose de proportionnelle. Manuel Valls et Sylvia Pinel y sont opposés, préférant le maintien du scrutin majoritaire.

Diminuer la part du nucléaire dans la production d'électricité

Trois candidats (Jean-Luc Bennahmias, Vincent Peillon et Benoît Hamon) reprennent à leur compte l'engagement de François Hollande, qui avait promis en 2012 de réduire de 75% à 50% la part du nucléaire à l'horizon 2025. François de Rugy va plus loin, car cette étape doit se prolonger, selon lui, par une sortie totale en 2040. Manuel Valls, Sylvia Pinel et Arnaud Montebourg estiment quant à eux que la réduction du nucléaire n'est pas la première des priorités en matière d'énergie et d'environnement.

Instaurer un service civique obligatoire

Jean-Luc Bennahmias, Manuel Valls et François de Rugy proposent de rendre obligatoire le service civique pour les jeunes. Arnaud Montebourg, lui, parle d'un "service national civil, humanitaire et militaire" obligatoire. Benoît Hamon ne parle pas d'obligation, mais souhaite l'étendre aux collégiens. Sylvia Pinel souhaite continuer à promouvoir le service civique, mais conserver son caractère volontaire. Quant à Vincent Peillon, il ne s'est pas exprimé sur la question.

Rétablir une police de proximité

Cinq des sept candidats à la primaire promettent de rétablir la police de proximité mise en place sous Lionel Jospin et qui avait été supprimée par Nicolas Sarkozy. Manuel Valls ne reprend pas cette idée, tandis que Sylvia Pinel n'a pas évoqué le sujet.

S'affranchir de la règle des 3% de déficit public

Arnaud Montebourg, Jean-Luc Bennahmias et Benoît Hamon militent pour la fin de l'austérité en Europe, et estiment que la France ne devrait plus respecter son engagement de contenir les déficits publics en deçà de 3% du PIB. Vincent Peillon, Manuel Valls et Sylvia Pinel jugent au contraire que la crédibilité de Paris sur la scène européenne impose de s'y tenir. Enfin, François de Rugy prône un respect de cette règle, mais en excluant du calcul les dépenses de défense, car elles sont selon lui "réalisées le plus souvent au bénéfice de l'ensemble des pays de l’Union".