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A quoi ressemblerait la France de Manuel Valls ?

L'ancien Premier ministre a présenté un programme modéré pour rassembler son camp, à l'opposé des propositions iconoclastes qu'il a pu défendre par le passé.

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Le programme de campagne de Manuel Valls, présenté à la presse le 3 janvier 2017 (FRANCOIS MORI/AP/SIPA / AP)

Oubliez le Manuel Valls de 2011, qui n'hésitait pas à bousculer les dogmes de sa famille politique, voici le Manuel Valls de 2017. L'ancien Premier ministre, arrivé deuxième du premier tour de la primaire de la gauche, dimanche 22 janvier, s'affiche plus modéré, tout en assumant le bilan de François Hollande. Voici les principaux élements de son programme.

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Sur l'Europe, une clarification du projet européen

S'il est élu, Manuel Valls assure que sa première priorité sera l'Europe, car "elle tient tout". Il propose une "conférence de refondation", idéalement à 27 pays, à défaut avec ceux qui sont volontaires. Objectif : organiser une "Europe différenciée" à plusieurs vitesses et clarifier les missions de l'Union européenne. Manuel Valls veut aussi faire une pause dans l'élargissement et fermer définitivement la porte à une entrée de la Turquie.

Au-delà des objectifs politiques, l'ancien Premier ministre prévoit plusieurs mesures en matière économique au niveau de l'Europe : une harmonisation fiscale pour les entreprises et la mise en place d'un salaire minimum européen (à 60% du salaire médian dans chaque pays). Il propose aussi de taxer "lourdement" les importations venant de pays ne respectant pas nos règles sociales et environnementales. Et d'amender le principe de "libre concurrence" en vigueur aujourd'hui, par exemple en autorisant les Etats à soutenir les entreprises via de l'argent public.

Sur l'économie, des mesures de solidarité et de soutien aux entreprises

Comme Benoît Hamon, Manuel Valls se prononce pour la création d'un "revenu décent pour tous". Mais à la différence de son adversaire à la primaire, ce revenu serait attribué "sous condition de ressources", à toute personne de plus de 18 ans et résidant régulièrement sur le territoire national. Il serait issu de la fusion des minima sociaux. Manuel Valls prévoit aussi de rétablir la défiscalisation des heures supplémentaires, mise en place par Nicolas Sarkozy mais supprimée en 2012, pour augmenter le pouvoir d'achat.

L'ex-député de l'Essonne ne compte pas revenir sur la politique de baisse des charges mise en place par François Hollande. Pour soutenir les entrepreneurs, il propose aussi un prêt à taux zéro financé par l'Etat, sans remboursement les premières années.

Sur la politique budgétaire, des dépenses publiques assumées

Concernant les déficits, Manuel Valls assure qu'il respectera la règle européenne des 3% de déficit : la maîtrise de la dette publique est une "exigence de souveraineté nationale", écrit le candidat dans son programme (PDF). Pour autant, il ne veut pas réduire les déficits "à marche forcée" pour revenir à l'équilibre.

Contrairement à la droite, il affirme la nécessité de la dépense publique, rejetant "la pensée ultralibérale qui consiste à penser que la dépense publique est mauvaise". Point commun avec d'autres candidats de la primaire : il veut notamment embaucher 5 000 policiers et gendarmes en 5 ans, 1 000 magistrats et 1 500 greffiers. Il promet aussi d'augmenter le salaire des enseignants.

Innovation dans un programme présidentiel : Manuel Valls veut constituer une "provision" budgétaire – 15 milliards d'euros sur le quinquennat –, permettant de faire face à un imprévu, sans avoir besoin d'augmenter les impôts ou de renoncer à des dépenses.

Sur les institutions, une "renaissance démocratique"

Comme la plupart de ses concurrents de la primaire, Manuel Valls a plusieurs propositions pour rénover la vie publique : la suppression de l'article 49.3 sauf en matière budgétaire, la réduction du nombre de députés et de sénateurs, le non-cumul dans le temps (pas plus de trois mandats consécutifs). 

Il propose aussi un service civique obligatoire de 6 mois pour les jeunes femmes et hommes, et d'adosser une "charte de la laïcité" à la Constitution. A ce sujet, sur lequel il a longtemps été très offensif, l'ancien chef de file des "laïcards" se veut aujourd'hui plus apaisant, signe que le Manuel Valls de 2017 est prêt à tout pour rassembler son camp.

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