"J'assume et je vous dis que c'est une connerie" : le socialiste Gérard Filoche se défend après son tweet jugé "antisémite"

Le membre du Bureau politique du PS, Gérard Filoche, s'est défendu, samedi sur franceinfo, après son tweet jugé d'un "antisémitisme des années 30" par le coordinateur du parti, Rachid Temal.

Gérard Filoche fait un discours, le 27 octobre 2012, lors du  congrès du Parti socialiste à Toulouse (Haute-Garonne).
Gérard Filoche fait un discours, le 27 octobre 2012, lors du  congrès du Parti socialiste à Toulouse (Haute-Garonne). (ERIC CABANIS / AFP)
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Un tweet de Gérard Filoche, membre du Bureau national du Parti socialiste, a mis le feu aux poudres dans la nuit du vendredi 17 au samedi 18 novembre. Ce tweet considéré à caractère antisémite visant Emmanuel Macron, "ce n'est pas moi qui l'ai fait", s'est défendu l'ancien syndicaliste samedi sur franceinfo. N'empêche, le PS a décidé de l'exclure. Le coordinateur du PS Rachid Temal l'a confirmé sur franceinfo : "Dès mardi, nous engagerons cette procédure d'exclusion qui sera la plus rapide possible."

Le tweet révèle un photomontage montrant Emmanuel Macron le bras orné d'un brassard semblable à un brassard nazi. La croix gammée y est remplacée par le signe dollar. Tandis qu'en arrière-plan se trouvent des photos de Patrick Drahi, Jacob Rothschild et Jacques Attali, ainsi que les drapeaux américain et israélien. Pour Rachid Temal, "ce tweet reprend tous les codes de l'antisémitisme des années 30".

Si Gérard Filoche "assume" cette "connerie", selon ses propres termes, le socialiste se défend d'être à l'origine de cette bévue. "Ce n'est pas moi qui ai fait ce tweet", affirme-t-ilPour expliquer comment il est apparu sur son fil Twitter, Gérard Filoche a indiqué ne pas être "seul à travailler sur ce fil". Pour autant, il n'engagera aucune poursuite pour découvrir l'auteur du tweet malheureux : "Ça, c'est mon problème. (...) J'assume, c'est mon fil, j'assume et je vous dis, c'est une connerie."

Gérard Filoche a ensuite poursuivi sa défense en exposant qu'"il y en a 100 comme ça qui circulent sur Internet, ce n'est sûrement pas moi qui ai fait ce montage. Je ne suis pour rien dans le choix des personnages [en arrière-plan] et il n'y avait qu'un premier-plan qui apparaissait au moment où il a été mis sur le fil".

Le retrait de ce tweet est intervenu après la découverte des origines de ce photomontage qui émane du site "Égalité et réconciliation" fondé par l'essayiste d'extrême droite Alain Soral. "Évidemment, immédiatement, on a enlevé cette connerie et immédiatement j'ai dit que je m'excusais et que j'étais désolé", a rapporté Gérard Filoche.

Une procédure d'exclusion enclenchée

Rachid Temal a été un des premiers à condamner ce tweet. Le coordinateur du Parti socialiste l'a rappelé, samedi sur franceinfo : "Dès cette nuit, quand j'ai vu le tweet de Gérard Filoche sur son fil, j'ai immédiatement condamné ce tweet et j'ai engagé une procédure d'exclusion."  Rachid Temal a jugé cette publication "inacceptable quand nous sommes au PS et inacceptable en général et donc pour cela, je condamne au nom des socialistes ce tweet". Pour lui, "il ne s'agit pas d'une question de politique liée au président de la République Emmanuel Macron. C'est encore une fois un montage, une image antisémite".

Pour Gérard Filoche, il s'agit d'une récupération de l'affaire pour lui nuire. Il n'accuse pas Rachid Temal d'avoir monté l'opération, mais "de l'utiliser (...) de sauter sur l'occasion, (...) de mentir en me mettant en cause, moi, comme antisémite. Il sait très bien que c'est faux". Il reproche à ses détracteurs "de ne pas vouloir entendre qu'il y a eu retrait du tweet, de ne pas vouloir entendre que j'ai condamné et que j'ai dit que c'était une connerie, de ne pas vouloir entendre ce que je dis aujourd'hui maintenant."

"Ce tweet reprend tous les codes de l'antisémitisme des années 30" - L'interview complète de Rachid Temal
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