Formation d'une équipe, renaissance du parti... Les trois défis qui attendent Olivier Faure à la tête du Parti socialiste

Le PS tient son 78e Congrès les 7 et 8 avril à Aubervilliers. Sur quels chantiers va-t-il devoir se pencher ? Franceinfo vous donne quelques éléments de réponse.

Olivier Faure pose dans les locaux du Parti socialiste, à Paris, le 5 avril 2018.
Olivier Faure pose dans les locaux du Parti socialiste, à Paris, le 5 avril 2018. (JOEL SAGET / AFP)

"On doit tout réinventer, prendre tous les risques." Cette promesse est celle d'Olivier Faure, nouveau premier secrétaire du Parti socialiste officiellement investi samedi 7 avril. Le PS tient son 78e Congrès à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) ce week-end. Il espère ainsi retrouver sa place centrale à gauche, après les déroutes électorales du printemps 2017. Alors quels sont les défis qui attendent le premier secrétaire ? Franceinfo vous donne quelques éléments de réponse.

1Former la direction du parti

La première tâche est organisationnelle. "Lundi matin, je commence par une série de rendez-vous pour former la future direction du parti", explique Olivier Faure dans une interview accordée à Libération. Il assure que l'équipe "sera renouvelée, resserrée et paritaire".

2Regagner une place dans l'échiquier politique

A ceux qui assurent que le PS est mort, comme le rapporte Le Monde, Olivier Faure répond : "C'est une histoire sans cesse répétée que nous serions morts et enterrés !" Il reconnaît toutefois les déroutes électorales lors de la présidentielle (6,36% des voix pour Benoît Hamon) et des législatives (30 députés sous l'étiquette PS) : "On est à six point de zéro : on doit tout réinventer, prendre tous les risques." Le principal objectif est donc avant tout de redonner sa place sur l'échiquier politique à un parti en miettes.

Dans son texte d'orientation, le député de Seine-et-Marne a plus précisément fixé pour objectif au PS de "redevenir en voix le premier parti de gauche à l'issue du cycle électoral 2019-2020-2021". Olivier Faure est convaincu qu'il existe toujours un espace politique pour le PS. "Nous n'avons pas été remplacés : ni par LREM, qui poursuit sa dérive vers la droite libérale, ni par les Insoumis qui demeurent un mouvement protestataire", affirme-t-il dans Libération. Face à ces deux offres, ce qui fait selon lui l'identité du PS, c'est d'être "à la fois vraiment de gauche et vraiment réaliste", d'"articuler indignation et solutions".

3Clarifier son projet en vue des européennes

Mais être "ni Macron ni Mélenchon" ne dit pour l'instant pas grand-chose du projet qu'Olivier Faure souhaite défendre. "Olivier Faure, je ne sais pas ce qu'il pense", observe le député européen Emmanuel Maurel. "Les gens nous demandent de dire qui nous sommes", reconnaît le principal intéressé.

Chantre du "rassemblement" durant sa campagne, Olivier Faure a en effet fait le choix de ne pas trancher d'emblée nombre de débats qui traversent le parti, préférant proposer à ses camarades d'organiser jusqu'en 2021 une série de chantiers thématiques, qui se concluront par des votes ouverts aux militants et aux sympathisants, moyennant 1 euro. Le PS devra cependant rapidement sortir de ses ambiguïtés, s'il souhaite reprendre sa place dans le débat politique. Premiers travaux pratiques : l'Europe, avec en ligne de mire les élections de 2019.

La question européenne fera d'ailleurs l'objet d'une table ronde samedi à Aubervilliers, avec la participation du commissaire européen Pierre Moscovici, et du patron des sociaux-démocrates au Parlement européen, Udo Bullmann.