Agressions sexuelles au MJS: "Il y avait une tolérance inacceptable de ce type de comportements"

Une militante socialiste a confié à franceinfo, sous couvert d'anonymat, son témoignage sur l'affaire Thierry Marchal-Beck. L'ancien président des jeunes socialistes est accusé par huit femmes de viols, d'aggressions et de harcèlement sexuels. 

Stéphane Le Foll, alors ministre de l\'Agriculture, tend le micro à Thierry Marchal-Beck, alors président du Mouvement des jeunes socialistes, le 23 août 2013 à La Rochelle (Charente-Maritime). 
Stéphane Le Foll, alors ministre de l'Agriculture, tend le micro à Thierry Marchal-Beck, alors président du Mouvement des jeunes socialistes, le 23 août 2013 à La Rochelle (Charente-Maritime).  (MAXPPP)
avatar
franceinfoRadio France

Mis à jour le
publié le

Huit femmes accusent l'ex-président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), Thierry Marchal-Beck, de harcèlement et d'agressions sexuelles de 2010 à 2014, dans le journal Libération. L'ancien patron du MJS nie les faits et dit se tenir à la "disposition de la justice".

Une militante socialiste a accepté de réagir sur franceinfo, sous couvert d'anonymat. Elle confirme que Thierry Marchal-Beck "avait un comportement que l'on pourrait apparenter à un prédateur sexuel". "J'ai refusé, à titre personnel, un certain nombre de comportements, notamment à caractère sexuel", poursuit cette militante pour qui, "il y avait une tolérance inacceptable de ce type de comportements".

franceinfo : Confirmez-vous les faits de harcèlement et d'agressions sexuelles ?

En ce qui me concerne, je confirme qu'il [Thierry Marchal-Beck] avait un comportement que l'on pourrait apparenter à un prédateur sexuel. J'espère que ces femmes auront le courage d'aller au bout de leur démarche et auront la possibilité de porter plainte pour que cela remonte devant la justice.

Faisait-il preuve d'un abus de pouvoir en tant que président du MJS ?

J'ai refusé, à titre personnel, un certain nombre de comportements, notamment à caractère sexuel. La conséquence de ce 'petit jeu' était de me décrédibiliser et de dire aux responsables nationaux que je n'étais pas digne de confiance. À la suite de cela, j'ai eu des difficultés pour avancer au sein de l'organisation. Avec le recul, c'est un comportement qu'on peut qualifier d'abusif. À l'époque, cela ne me semblait pas digne d'une organisation qui défendait notamment le respect, le droit et l'égalité des relations entre les hommes et les femmes. On m'avait répondu que son comportement était certes critiquable. Pour autant, les personnes à qui j'en ai parlé semblaient accepter la situation comme étant un état de fait et qu'il fallait faire avec. J'en ai parlé à des responsables de l'organisation jeunesse de l'époque. Ils ne pensaient pas que les faits étaient aussi graves. Il avait la réputation d'être un coureur. Il y avait une tolérance inacceptable de ce type de comportements.

S'agissait-il de préserver l'image du mouvement ?

À l'époque, il y avait l'envie de protéger l'image, l'organisation et puis on était dans une ambiance qui était un peu différente d'aujourd'hui. Ces comportements étaient davantage tolérés donc cette réputation sulfureuse de coureur était acceptée au sein de l'organisation. Je pense que les nouvelles générations sont intolérantes par rapport à ce type de comportements. C'est un mouvement général et de plus en plus entendu par la société. Aujourd'hui, je pense que les responsables de ces organisations sont tout à fait conscients que ce type de comportement n'est pas tolérable.