Primaire socialiste à Marseille : Mennucci triomphe, Ghali attaque

Le député PS s'est imposé face à son adversaire Samia Ghali, qui a critiqué avec force le soutien apporté par le gouvernement et l'état-major socialiste à son adversaire.

Patrick Mennucci vainqueur de la primaire socialiste pour les municipales à Marseille, le 20 octobre 2013. 
Patrick Mennucci vainqueur de la primaire socialiste pour les municipales à Marseille, le 20 octobre 2013.  (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Patrick Mennucci sera candidat aux municipales de 2014 à Marseille (Bouches-du-Rhône), probablement contre l'actuel maire UMP, Jean-Claude Gaudin. Il a été désigné candidat du PS avec 57,16% des voix, selon les résultats officiels, dimanche 20 octobre, à l'issue de la primaire socialiste organisée dans la cité phocéenne. Il bat son adversaire Samia Ghali, qui remporte 42,84% des voix.

Mais l'âpre bataille de la primaire risque de laisser des traces : Samia Ghali n'a pas caché son amertume dimanche soir, critiquant ouvertement le soutien apporté par le gouvernement au député PS. En revanche, elle a gardé le silence face à l'ouverture de son adversaire.

Voici ce qu'il faut retenir de cette élection. 

Une mobilisation en hausse, des "problèmes mineurs"

Les sympathisants de gauche ont été nombreux à se déplacer dans les 55 bureaux de la ville pour ce second tour de la primaire PS. "Autour de 24 000" personnes se sont exprimées", a indiqué le président de la Haute autorité des primaires (HAP), Jean-Pierre Mignard. Au premier tour, seuls 20 734 électeurs étaient allés voter. 

Malgré une ambiance tendue entre les deux candidats, le second tour s'est bien déroulé dans l'ensemble. Seuls "des problèmes mineurs" ont été signalés dans le déroulement du vote, a indiqué le secrétaire national aux fédérations du PS, Alain Fontanel. Ainsi, les deux candidats, pourtant invités à rester discrets par la HAP, ont fait des déclarations, réitérant chacun leurs attaques. 

Pour empêcher tout scandale, les bureaux de vote avaient été placés sous haute surveillance, après un premier tour perturbé par des problèmes de listes d'émargement et l'affaire "des minibus". Des véhicules avaient en effet été loués par Samia Ghali pour conduire les électeurs aux bureaux de vote. Dimanche, l'autorité a estimé que "tout était rentré dans l'ordre" sur ce point.

Mennucci tend la main à Samia Ghali, qui l'ignore

Revendiquant la victoire, Patrick Mennucci a tendu la main à son adversaire, et appelé au rassemblement autour de son nom. "Parfois, les mots ont pu blesser. Je veux dire ce soir que si c'est le cas, je le regrette", a déclaré le maire des 1er et 7e arrondissements. Envisageant le scrutin de 2014, il a souligné que la présence de Samia Ghali sera "très importante, indispensable quand nous affronterons Jean-Claude Gaudin et l'extrême droite""Samia Ghali a toute sa place dans mon équipe, et au premier rang. Cela fait des années que je travaille avec elle. Nous constituerons une liste de développement pour Marseille contre l'immobilisme de Jean-Claude Gaudin", a-t-il insisté sur BFMTV.

Samia Ghali reconnaît sa défaite lors de la primaire PS pour les municipales à Marseille, le 20 octobre. 
Samia Ghali reconnaît sa défaite lors de la primaire PS pour les municipales à Marseille, le 20 octobre.  (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Mais en face, la réponse a été glaciale. Figée pendant le discours de son adversaire, Samia Ghali a ensuite dit tout ce qu'elle pensait de cette victoire.

"Il faut ce soir reconnaître la victoire de six personnes, cinq candidats [à la primaire] plus le gouvernement, ça fait six", a-t-elle déclaré, ses partisans émettant des huées à l'évocation de l'exécutif. "Nous seuls, nous avons gagné en dignité, on n'a insulté personne. Tous les coups ont été permis lors de cette campagne, je le regrette. Je voudrais ce soir dire au gouvernement, dire à Jean-Marc Ayrault, combien je suis déçue."

Un vainqueur bien implanté pour affronter Gaudin

Patrick Mennucci, 58 ans, ancien chef de file des socialistes au conseil municipal, est un ancien proche de Jean-Noël Guérini, avec qui il a rompu depuis peu. "Qui est à l’origine du clientélisme à Marseille ? Jean-Claude Gaudin et Jean-Noël Guérini", déclare-t-il notamment, relevé par L'Humanité. Et de dénoncer le système de cogestion de la mairie avec le syndicat FO.  

"Très bien implanté dans la ville et jouissant d'une petite notoriété nationale pour son rôle dans la campagne présidentielle de Ségolène Royal, ce bon vivant habile brille par sa maîtrise des dossiers communaux"note le HuffingtonPost.fr. Et il est organisé :"Avec son équipe, ils ont quadrillé la ville, créé un fichier de sympathisants à l'aide d'un logiciel tout droit venu des États-Unis", raconte Le Point