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Pour son dernier meeting, Eva Joly veut montrer une famille écologiste unie

Pour son dernier meeting, Eva Joly a choisi le Cirque d'hiver à Paris, mercredi 18 avril, en rappelant que son parti est prêt à prendre des responsabilités si la gauche remporte la présidentielle. Elle a insisté sur l'importance du vote l'écologiste.
Article rédigé par Jérémie Maire
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Eva Joly et les dirigeants écologistes au Cirque d'hiver (BERTRAND GUAY / AFP)

Pour son dernier meeting, Eva Joly a choisi le Cirque d'hiver à Paris, mercredi 18 avril, en rappelant que son parti est prêt à prendre des responsabilités si la gauche remporte la présidentielle. Elle a insisté sur l'importance du vote l'écologiste.

Mercredi 18 avril, c'est au Cirque d'hiver à Paris, où Noël Mamère avait clos sa campagne de 2002, qu'Eva Joly a choisi de tenir son dernier meeting d'avant premier tour. Peut-être nostalgique du "score historique", comme l'a rappelé Cécile Dufflot, que le candidat des Verts avait réalisé (5,24%).

Aujourd'hui, Mme Joly est créditée de 2% à 2,5% d'intentions de vote. Remonter la pente jusqu'aux 7,5% du début de la campagne semble impossible. Alors, Europe écologie-Les Verts mise sur une autre stratégie : celle d'apparaître comme une famille unie malgré la douloureuse campagne de sa candidate, et les dissensions qui l'ont émaillée.

Défection de Nicolas Hulot, mots durs d'Yves Cochet, dont l'absence le soir du dernier meeting n'a pas été évoquée, ou encore déclaration sur "l'échec prévisible", lâchée par Daniel Cohn-Bendit.

Mais au soir du dernier meeting, le parti écologiste entre main dans la main sur la piste du cirque Bouglione. Jean-Vincent Placé, Dominique Voynet, Noël Mamère, Daniel Cohn-Bendit, Cécile Dufflot et Eva Joly arrivent tout sourire, annoncés par le Monsieur Loyal de la soirée.

Europe et fierté écologique

Après un court film remémorant les grands moments des luttes écologiques depuis 1968, non sans autodérision, M. Cohn-Bendit ouvre le bal en rappelant que si Nicolas Sarkozy cite Victor Hugo, "il faut le faire jusqu'au bout et militer pour les Etats-Unis d'Europe". Pour "Dany", il ne fait plus de doute que "Sarkozy a perdu".

Le député européen rappelle qu'il faut "être prudent avant de s'attaquer les uns les autres", anticipant la future coalition PS-EELV, si François Hollande remporte l'élection

D'un ton enlevé et gouailleur, Cécile Dufflot rappelle la fierté d'être écologiste et d'avoir "quelqu'un comme Dany au Parlement européen, capable de parler aux puissants comme Orbàn (Premier ministre conservateur hongrois)".

La candidature de l'ancienne magistrate d'origine norvégienne, selon la secrétaire nationale d'EELV, dessine "le style d'une autre France" que "les écologistes ne pourront pas imposer seuls".

Maladresses assumées

La candidate a joué franc-jeu, en assumant ses maladresses. La seule qu'elle regrette : "celle de la chute dans les escaliers". Outre les contusions, aujourd'hui effacées, la course au premier tour semble avoir marqué l'ancienne magistrate.

"Une présidentielle est un exercice auquel rien ne prépare, avoue-t-elle. Je ne savais pas qu'une campagne pour des idées demandait autant de personnalisation. Mais, si c'était à recommencer, je recommencerais", finit-elle, avant qu'un sympathisant ne hurle : "On t'aime !". Le Cirque d'hiver a alors grondé d'applaudissements.

En égrenant ses défauts – ou qualités – ("petite voix, débit lent, accent prononcé"), Mme Joly fait le bilan de ses derniers mois : sa pugnacité, son engagement contre la corruption, son combat contre la haine et "sa candidate" qu'elle ne nommera pas "car elle est innomable".

"Cette campagne n'est pas la fin, c'est le début"

Elle revient sur les "dérives du sarkozysme", notamment en évoquant l'affaire Woerth-Bettencourt : "Eric Woerth s'indigne en 140 signes sur Twitter, alors qu'il est incapable d'aligner deux mots cohérents pour se défendre".

Si la candidate "souhaite la victoire de François Hollande", elle rappelle tout de même l'importance du vote écologique. "Cette campagne n'est pas la fin, c'est le début. L'écologie a rendez-vous avec l'Histoire." Un soutien au candidat socialiste, mais qui ne sonne pas comme un hommage-lige. "Il faut empêcher la prochaine majorité de tomber dans les ornières du passé."

Des mots qui finissent de convaincre les deux mille personnes présentes, au vu de la standing ovation qui émeut visiblement la candidate. Sur la piste, la musique électro résonne tandis que les cadres du parti se laissent aller à un pas de danse, sûrs de leur avenir.

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