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Le Mrap porte plainte contre Manuel Valls pour "incitation à la haine raciale" envers les Roms

L'association voit dans les propos tenus fin septembre par le ministre de l'Intérieur une "provocation à la violence, à la haine et à la discrimination raciste".

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France Télévisions
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Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, le 30 septembre 2013 à Paris. (ERIC FEFERBERG / AFP)

"La ligne jaune a été très largement dépassée". Selon le co-président du Mrap, Pierre Mairat, interviewé sur RTL, trop c'est trop. Les propos de Manuel Valls sur les Roms ne passent pas. Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples a décidé de déposer une plainte devant la Cour de justice de la République à l’encontre de Manuel Valls, "pour provocation à la violence, la haine et la discrimination raciste", indique jeudi 10 octobre l'association dans un communiqué.

Le Mrap vise les déclarations du ministre de l'Intérieur sur France Inter, le 24 septembre. Manuel Valls avait alors estimé que les Roms étaient des "populations qui ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation". Il avait ajouté que les Roms avaient "vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie", précisant : "J'aide les Français contre ces populations, ces populations contre les Français".

"Une polémique stérile"

Pour le Mrap, ces propos s'inscrivent "dans la continuité d'une politique de bouc émissaire", à l'instar de ceux tenus par les ministres UMP de l'Intérieur de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux et Claude Guéant. "Cette politique de bouc émissaire, c'est celle de ceux qui cherchent à prendre des voix au FN en vue des prochaines élections municipales", a commenté Pierre Mairat. 

En marge d'un déplacement à Lyon, Manuel Valls a répondu que ces attaques "n'ont rien à voir avec mes valeurs et avec l'action qui est la mienne". Et d'ajouter : "Elles visent à entretenir des polémiques stériles, elles visent à attiser les conflits et ce n'est pas mon rôle (...) tout le monde connaît mes convictions républicaines, je n'ai pas envie d'entrer dans ces débats".

Brice Hortefeux a été condamné en 2010 pour "injure non publique envers un groupe de personnes à raison de leur origine" sur plainte du Mrap, mais a été relaxé en 2011 par la cour d'appel de Paris. L'infraction a été requalifiée en contravention d'injures non publiques.

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