Européennes : LFI continue à défendre une liste commune de la Nupes pour éviter "une bataille de nains de jardin"

Alors que les communistes ont annoncé leur désir de concourir seuls pour les élections européennes du 9 juin 2024, La France insoumise reste déterminée à les faire changer d'avis. C'est tout l'enjeu du forum européen des jeunes de la Nupes, dimanche.
Article rédigé par franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min
Manon Aubry, eurodéputée LFI, lors d'un meeting organisé par la Nupes, à Cornas (Ardèche), le 3 mars 2023. (NICOLAS GUYONNET / HANS LUCAS)

Après les écologistes, les communistes se préparent à aller seuls aux européennes. Peu importe qu'on leur claque la porte au nez deux fois, les insoumis ne renoncent pas à l'idée de passer par la fenêtre. À en croire l'eurodéputée LFI Manon Aubry, rien n'est joué à un an des élections européennes. "Ça ne veut pas pour autant dire nécessairement qu'une liste Nupes est exclue", assure-t-elle à franceinfo alors que les jeunes de cette alliance des formations de gauche organisent leur forum européen, dimanche 25 juin à Alfortville (Val-de-Marne). "Le Parti communiste français sait aussi que la barre des 5 %, à partir de laquelle on peut élire des députés européens en France, est une barre difficile à atteindre, avance Manon Aubry. C'est pour ça que je ne renonce pas à convaincre, je ne sais pas si on va y arriver et d'ailleurs, personne ne le sait à ce jour. De toute évidence, on ne va forcer personne".

>> François Ruffin, l'ambitieux qui agace Mélenchon et son entourage

"Les communistes bluffent", nous confie un membre de la direction de La France insoumise. "Ils en font un rapport de force pour négocier, dit-il. Je ne pense pas qu'ils veulent refaire une Ian Brossat". L'adjoint au logement à la mairie de Paris, proche de Fabien Roussel, n'avait pas réussi à envoyer d'élu communiste au Parlement européen lors du dernier scrutin de 2019, avec seulement 2,5% des voix.

Pour maintenir la pression, LFI agite l'épouvantail : si la Nupes part désunie aux européennes, il en sera de même pour les prochaines échéances. "On ne veut pas aller aux élections européennes pour avoir un nombre d'élus extravagant ou exorbitant, fait valoir le député insoumis Hadrien Clouet. Nous, on veut y aller pour envoyer un message politique au pays et pour montrer qu'on est capables de battre l'extrême droite et Macron". Selon l'élu de Haute-Garonne, "l'ensemble de la Nupes est en péril".

"C'est sûr que si on part tous séparés aux européennes, ça veut dire qu'on fera tous campagne les uns contre les autres. Bon courage pour revenir faire une campagne ensemble."

Hadrien Clouet, député LFI

à franceinfo

Nombreux sont ceux qui, au sein de La France insoumise, comptent sur les sondages pour renverser la vapeur. "Quand ils verront que c'est une bataille de nains de jardin derrière l'extrême droite, ils retrouveront la raison", se persuade un proche de Jean-Luc Mélenchon.

Pour convaincre le PC de faire liste commune, LFI compte beaucoup sur la nouvelle génération de la Nupes. Jeunes écologistes et socialistes se retrouvent ce dimanche à Alfortville (Val-de-Marne) pour débattre d'un projet commun pour les européennes à l'occasion d'un forum dédié au scrutin du 9 juin 2024.

La présidente des Jeunes socialistes, Emma Rafowicz, entend ramener à la raison les directions des partis : "Jouer le jeu de la désunion, donner un spectacle terrible de la gauche et de la démocratie, là est l'irresponsabilité. Nous, jeunesse de gauche, je crois que c'est ce qu'on dit à nos aînés. Regardons dans le détail nos propositions, discutons de nos projets, de nos programmes. Si vraiment il y a des lignes rouges indépassables, nous partirons chacun de notre côté. Mais il est hors de question de balayer d'un revers de main la perspective de l'union juste pour des histoires de places ou de posture."

Cette initiative redonne de l'espoir aux insoumis. Des figures du mouvement seront d'ailleurs dans la salle pour suivre ces discussions, comme le numéro 1 de La France insoumise Manuel Bompard. L'idée est de poser la première pierre de l'union aux européennes, de la consolider ensuite, lors des universités d'été fin août... Toujours contre l'avis de ses partenaires.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.