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Municipales : le centre et la droite en reconquête à Amiens

Après avoir basculé à gauche il y a six ans, Amiens, préfecture de la Somme, pourrait revenir à la droite et au centre. La liste d'union UDI-UMP de Brigitte Fouré revendique l'héritage de Gilles de Robien et espère prendre la mairie au socialiste Gilles Demailly, qui ne se représente pas.
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Radio France
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  (Julien Langlet Radio France)

Il y a six ans, le socialiste Gilles Demailly avait créé une petite surprise en battant le maire centriste sortant et ancien ministre Gilles de Robien (maire d'Amiens pendant 14 ans entre 1989 et 2002 et entre 2007 et 2008). Le temps de ses passages au ministère (Transports et Equipement sous Jean-Pierre Raffarin, puis ministre de l'Education nationale sous Dominique de Villepin), il avait laissé son fauteuil de maire à son adjointe à l'époque Brigitte Fouré (UDI).

Aujourd'hui, c'est elle qui brigue le fauteuil de maire à la tête d'une liste d'union UDI-UMP. Elle forme un ticket avec le député UMP de la Somme Alain Gest qui vise lui le poste de président de l'agglomération amiènoise (290.000 habitants dont 150.000 pour la seule ville d'Amiens).

Une "ville endormie ", selon Brigitte Fouré

Brigitte Fouré se revendique l'héritière de l'ancien maire centriste d'Amiens Gilles de Robien. "J'espère être dans sa lignée. Il avait une certaine vision de la ville et une vraie ambition. Depuis six ans, la ville est endormie ", explique la candidate.

C'est le député UMP de la Somme, Alain Gest qui brigue le poste de président de l'agglomération amiènoise. Cette fonction englobe de plus en plus de compétences. Au point de se demander si le vrai maire d'Amiens ne sera pas le président de l'agglomération. "Le vrai maire d'Amiens est celui qui reçoit l'onction du suffrage universel. Le 30 mars au plus tard, ce sera Brigitte Fouré ", réfute Alain Gest.

C'est donc ensemble que Brigitte Fouré et Alain Gest occupent le terrain pendant la campagne, comme dans le quartier Sainte-Anne et celui de la Vallée des Vignes. La candidate y installe des fauteuils bleus dans la rue et invite les passants à s'asseoir et à discuter.

Un dialogue parfois entravé par la politique nationale

A l'inverse de Brigitte Fouré et d'Alain Gest, le candidat socialiste et ancien adjoint aux Transports du maire sortant Gilles Demailly -qui ne se représente pas- Thierry Bonté revendique de briguer, en plus de la mairie, le poste de président de l'agglo. "J'assume le fait que le maire d'Amiens soit aussi le président d'Amiens métropole car 60 % des compétences vont à la communauté d'agglomération. Faire croire l'inverse est irresponsable et facteur d'incohérences ", explique le candidat du PS.

Mais dans le contexte national actuel, il n'est pas facile de faire campagne pour le candidat socialiste et ce malgré une union très large au 1er tour, puisque sa liste rassemble EELV, le PRG, le MRC et le PCF. "Le dialogue est parfois entravé par la perception négative que peuvent avoir les gens sur la politique nationale ", reconnaît Thierry Bonté.

Sa liste s'appelle Osons Amiens ensemble. "On y trouve tous les projets que nous portons , poursuit Thierry Bonté. Et dans le 'ensemble', il y a l'égalité et le vivre ensemble ."

Débat autour du tramway

L'un des thèmes de la campagne, c'est l'arrivée du tramway dans la ville. La construction d'une première ligne de tram dans la capitale picarde fait débat, car si l'équipe sortante y est favorable et l'a mise au coeur de son projet, Brigitte Fouré est contre. La candidate estime que le projet actuel, avec son tracé et son "absence de plan de financement", n'est pas bon. "Tel qu'il est prévu, je suis contre. L'Etat n'a pas le premier sou pour subventionner le projet. "

Une position qu'a du mal à comprendre le candidat socialiste Thierry Bonté : "Si nos adversaires ont posé ce débat au centre de la campagne, c'est parce qu'ils n'avaient pas autre chose à proposer en face ".

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Sur sa gauche, Thierry Bonté a tout de même deux adversaires malgré sa liste de rassemblement. Il s'agit du divers gauche Mohamed Boulafrad et du communiste dissident, élu au conseil municipal, Cédric Maisse. Il ne s'est jamais retrouvé dans la gestion de la ville par le maire Gilles Demailly et ne se retrouve pas plus dans le projet de Thierry Bonté. Il a d'ailleurs été exclu du PC car "ils refusaient le débat interne ", explique Cédric Maisse.

Difficile d'imaginer une alliance entre les deux hommes au soir du 1er tour. Cédric Maisse s'en prend aussi au métier de Thierry Bonté, journaliste à France 3, et s'estime maltraité par le média depuis le début de cette campagne. Un argument évidemment réfuté par le candidat socialiste.

Un candidat Rassemblement Bleu Marine

La liste UMP-UDI ne sera pas seule à droite non plus puisqu'elle devra compter avec le Front national, ou plutôt le Rassemblement Bleu Marine, car son candidat n'est pas adhérent au FN mais au RBM. Cet ancien du MNR est un instituteur et habite dans le quartier nord d'Amiens.

Le FN est bien implanté en Picardie, mais à Amiens c'est autre chose. Il n'y avait même pas de candidat lors de la dernière éléction municipale mais lors de la présidentielle, Marine Le Pen y a tout de même obtenue 16 % des suffrages. Un résultat qui pousse son candidat, Yves Dupille, à y croire. "Les Amiénois ont envie de quelque chose de nouveau, et ce qu'il y a de vraiment nouveau ici, c'est le Front national ", explique-t-il.

En plus de ses cinq listes candidates, une sixième est conduite par Bruno Paleni pour Lutte Ouvrière.

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