Présidentielle : les cadres du Parti communiste refusent de soutenir Jean-Luc Mélenchon

La Conférence nationale était invitée à donner son avis. Mais ce sont les militants qui auront le dernier mot, du 24 au 26 novembre.

Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent (à gauche), et Jean-Luc Mélenchon (à droite), le 15 février 2015 à Paris.
Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent (à gauche), et Jean-Luc Mélenchon (à droite), le 15 février 2015 à Paris. (LOIC VENANCE / AFP)

Les cadres du Parti communiste français ne veulent pas soutenir Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle 2017. La conférence nationale du PCF a refusé, samedi 5 novembre, le ralliement au cofondateur du Parti de gauche et a appelé à une candidature indépendante.

C'est un désaveu pour le secrétaire national, Pierre Laurent, qui défendait cette option. "C'est une belle leçon de démocratie", a-t-il déclaré, beau joueur devant cette large défaite. Vendredi, le secrétaire national avait effectivement témoigné de sa préférence à un ralliement, l'option choisie en 2012 sous la bannière du Front de gauche.

Seuls 44% des cadres pour l'option Mélenchon

La conférence nationale du PCF, qui se réunissait samedi à Paris, devait choisir entre deux options : soutenir le cofondateur du Parti de gauche ou présenter un candidat communiste. Sur les 519 votants qui se sont exprimés sur la stratégie à adopter, 274 (53,69%) ont choisi l'option d'une candidature communiste pour la présidentielle. L'option appelant à voter pour Jean-Luc Mélenchon n'a recueilli que 218 voix (44,31%).

"Les camarades ont bien vu que ce que portait Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui n'était pas ce qui faisait notre campagne commune en 2012", a déclaré Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF. "Il y a peut-être dans le vote de la Conférence nationale l'expression de cela", a-t-il poursuivi.

Le dernier mot aux militants

Durant la journée de débats à la Cité des sciences et de l'industrie de Paris, plusieurs secrétaires fédéraux ont fait part de leurs sérieuses inquiétudes concernant le cadre proposé par l'actuel mouvement de Mélenchon, La France insoumise. Le député du Puy-de-Dôme André Chassaigne a dit ne pas croire "qu'au sein d'une campagne menée par Jean-Luc Mélenchon, on puisse porter nos propres idées, ce n'est pas possible".

Mais la messe n'est pas encore dite pour Jean-Luc Mélenchon : ce sont les quelque 50 000 militants du parti qui détiendront la décision finale lors d'un scrutin prévu du 24 au 26 novembre et organisé dans chaque section ou fédération du PCF.