Aller-retour à Berlin : les trois contradictions dans la défense de Manuel Valls

En déplacement à La Réunion, le Premier ministre a fait son mea culpa après la polémique suscitée par sa présence à la finale de la Ligue des champions ce week-end.

Manuel Valls avec Michel Platini, lors de la finale de la Ligue des champions à Berlin (Allemagne), le 6 juin 2015.
Manuel Valls avec Michel Platini, lors de la finale de la Ligue des champions à Berlin (Allemagne), le 6 juin 2015. (FABRIZIO BENSCH / REUTERS)

"Si c'était à refaire, je ne le referais pas." En déplacement à La Réunion, Manuel Valls a fait son mea culpa, jeudi 11 juin, après la polémique sur son aller-retour en Falcon à Berlin, samedi, pour assister à la finale de la Ligue des champions entre le FC Barcelone, club qu'il supporte, et la Juventus Turin.

S'il a assuré que la présence de ses deux fils dans l'avion gouvernemental n'avait rien coûté au contribuable, le chef du gouvernement a toutefois décidé de rembourser la somme de 2 500 euros. Manuel Valls a aussi répété qu'il était allé voir le match à l'invitation de Michel Platini, le président de l'UEFA, afin de parler de l'organisation de l'Euro 2016. Mais ces justifications comportent tout de même leur lot de contradictions.

Il regrette tout en réaffirmant qu'il s'agissait d'un déplacement officiel

"Dans le cadre de ce déplacement officiel, j'ai utilisé les moyens mis normalement à la disposition du Premier ministre", se défend Manuel Valls. Depuis le début de cette controverse, le chef du gouvernement assure qu'il s'agissait pour lui de rencontrer Michel Platini, à son invitation, pour évoquer l'organisation de l'Euro 2016 en France et de "l'avenir de la Fifa". Un rendez-vous confirmé par le patron du foot européen.

Sauf que, lorsque la nouvelle de son déplacement à Berlin se répand, samedi, le Premier ministre n'évoque pas cette réunion, explique Libération. "J'y vais parce que Michel Platini m'a invité. Il a invité un supporter du Barça", déclare alors Manuel Valls.

"Comme très souvent, c'est l'occasion de rencontres. Je me suis entretenu avec de nombreux représentants du monde sportif et olympique", argue aujourd'hui le Premier ministre. "Nous sommes à un an d'un grand rendez-vous, c'est aussi mon rôle de représenter la France dans de grands événements sportifs."

Il rembourse pour ses enfants tout en assurant que ça n'a rien coûté

Face à l'ampleur de la polémique, le Premier ministre s'est donc excusé à demi-mot. "Je suis sensible, bien sûr, à la réaction des Français, je me dois d'incarner un comportement parfaitement rigoureux, dit-il. Et, pour lever tout doute, j'ai décidé d'assumer la prise en charge du voyage pour mes deux enfants." Car, si la nature professionnelle de ce déplacement fait débat, au-delà du fait que le Premier ministre est supporter du Barça, c'est parce que Manuel Valls s'est rendu à cette finale avec ses deux fils. Une révélation, mardi 9 juin, qui a ravivé la polémique.

"Cet avion étant affrété, leur présence n'a pas coûté un euro supplémentaire", a fait valoir Manuel Valls depuis La Réunion, où il est en déplacement ces jours-ci. Pourtant, le Premier ministre a décidé de rembourser 2 500 euros à l'Etat. Cette somme correspond au tarif moyen sur un vol commercial pour deux personnes sur les trajets Paris-Poitiers, Poitiers-Berlin et Berlin-Poitiers, a précisé l'entourage du Premier ministre.

Il s'excuse parce qu'il faut s'excuser

D'après un sondage pour BFMTV publié mercredi, 77% des Français se déclarent "choqués" que Manuel Valls se soit rendu à Berlin à bord d'un avion gouvernemental pour assister à la finale de la Ligue des champions. C'est plus de 3 personnes sur 4. D'où la nécessité pour le Premier ministre de mettre fin à cette controverse qui le poursuit depuis six jours.

"Je voulais mettre un point final à cette polémique pour me consacrer à l'essentiel", avoue aujourd'hui le chef du gouvernement. Bref, le Premier ministre s'excuse parce qu'il faut s'excuser et, s'il admet qu'il ne le "referait pas", il campe aussi sur ses positions, assurant que son déplacement était professionnel, et pas seulement un privilège d'homme d'Etat.