Lyon. Une cinquantaine de Roms expulsés d'un immeuble

Ils squattaient le bâtiment, situé dans le 7e arrondissement de la ville.

Une cinquantaine de Roms, dont 25 enfants, ont dû quitter cet immeuble, situé dans le 7e arrondissement de Lyon (Rhône), le 14 août 2012.
Une cinquantaine de Roms, dont 25 enfants, ont dû quitter cet immeuble, situé dans le 7e arrondissement de Lyon (Rhône), le 14 août 2012. (MOUILLAUD RICHARD / LE PROGRES / MAXPPP)

POLITIQUE - Les expulsions de Roms continuent. Une cinquantaine de Roms, dont 25 enfants, ont été expulsés mardi 14 août d'un immeuble de Lyon (Rhône). Ils squattaient l'édifice situé dans le 7e arrondissement de la ville, a indiqué la préfecture de la ville et le collectif Rom. Ils devaient être expulsés vendredi 10 août, mais l'opération avait été reportée.

La police est intervenue vers 7 heures pour déloger les 46 personnes. "Le 63, rue Montesquieu a été expulsé ce matin, malgré les différents entretiens avec la préfecture et malgré la mobilisation des riverains et des associations de quartiers", a déploré le collectif Rom. Depuis, les expulsés stationnent sur une place du quartier, a indiqué le collectif qui organise une marche jusqu'à la préfecture.

"Un immeuble avec eau et électricité"

"En plus, on n'est pas du tout dans le cadre d'un campement insalubre, c'est vraiment la chasse aux Roms. Ils vivaient dans un immeuble d'habitation avec eau et électricité, ils étaient intégrés dans leur environnement avec des soutiens des voisins qui ont fait une pétition", a déploré Jean-Philippe, un autre militant associatif.

Par ailleurs, plusieurs dizaines de Roms expulsés la semaine dernière à Villeurbanne, dans la banlieue lyonnaise, étaient toujours en errance dans la commune. Une cinquantaine d'entre eux sont installés depuis quatre jours au parc de la Feyssine, toujours à Villeurbanne, selon le militant.

Manuel Valls se défend

Sur ce dossier, la gauche est accusée par les associations de mener la même politique que la droite. Le 27 mars, durant la campagne électorale, François Hollande assurait en effet : "On ne peut pas continuer à accepter que des familles soient chassées d'un endroit sans solution. Cela les conduit à s'installer ailleurs, dans des conditions qui ne sont pas meilleures", laissant entendre qu'il se démarquerait de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy.

Mardi 14 août, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a publié une tribune dans Libération défendant sa politique, intitulée "Le laisser-faire ne résout rien". Le ministre y assure que "la passivité conduit tout droit à la réapparition de véritables bidonvilles, pour la plupart situés aux abords de quartiers populaires déjà en proie à de nombreuses difficultés (...)  L’inaction publique face à cette situation serait inacceptable pour les habitants de ces quartiers."

Il martèle : "La fermeté est nécessaire", rappelant que "les préfets n’agissent qu’en application de décisions prises par les tribunaux". Mais selon lui, la réponse ne peut être globale. "Aucune politique publique ne sera focalisée sur tel ou tel groupe culturel. Par conséquent, il n’y a pas de dispositif national de pilotage chiffré."