Loi sur le séparatisme adoptée à l'Assemblée : le recteur de la mosquée de Lyon espère qu'elle ne mettra pas "les musulmans à l'index"

Kamel Kabtane s'interroge sur le terme même de séparatisme : "Aujourd'hui, la volonté des musulmans n'est pas de se séparer mais de rentrer dans la société qu'ils ont choisie".

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Radio France
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Kamel Kabtane, le recteur de la mosquée de Lyon, en octobre 2020. (MAXIME JEGAT / MAXPPP)

L'Assemblée nationale a adopté, en première lecture, mardi 16 février par 347 voix pour, 151 voix contre et 65 abstentions le projet de loi "confortant le respect des principes de la République", dite "loi sur le séparatisme"."Si on parle de renforcer les principes républicains, en tant que républicain, je ne peux que dire oui", réagit sur franceinfo Kamel Kabtane, recteur de la mosquée de Lyon.

Mais le représentant du culte musulman s'interroge : "Le mot séparatisme me pose une question : qui veut se séparer de qui ? Aujourd'hui, la volonté des musulmans n'est pas de se séparer mais de rentrer dans la société qu'ils ont choisie, c'est-à-dire la France, et de faire en sorte de faire ensemble société."

"Est-ce qu'on veut rassembler les Français aujourd'hui ? J'espère que oui. J'espère que cette loi ne sera pas simplement une loi d'exception qui va mettre les musulmans à l'index"

Kamel Kabtane

à franceinfo

"Si on parle de désigner la communauté musulmane, poursuit le recteur de la mosquée de Lyon, je dis non, car une loi ne peut être qu'une loi générale. Elle ne doit pas simplement concerner une seule communauté mais elle doit concerner l'ensemble des Français". Selon Kamel Kabtane, les musulmans ne sont pas la seule communauté à recevoir de l'argent de l'étranger. "Je pense que toutes les associations cultuelles reçoivent de l'argent de l'étranger. Aujourd'hui, si on veut régler cette situation, je pense qu'il faut une belle loi qui va mettre tout le monde sur le même pied d'égalité."

Le recteur de la mosquée de Lyon a également appelé à ne plus "considérer les musulmans comme des citoyens de seconde zone, mais au contraire, nous considérer comme des citoyens pleins et entiers. C'est comme ça que nous réussirons. Nous sommes le peuple français, nous aussi."

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