Des opposants à la loi sur le renseignement se fichent du texte sur le web

Voté début mai par l'Assemblée, le projet de loi est examiné au Sénat à partir de mardi. Les opposants ont décidé de se ficher eux-mêmes avec le mot-clé #usualsuspect pour dénoncer un texte qu'ils jugent dangereux.

Capture d\'écran du site usualsuspect.org, mardi 2 juin 2015.
Capture d'écran du site usualsuspect.org, mardi 2 juin 2015. (USUALSUSPECT.ORG)

Pour lutter contre le projet de loi sur le renseignement, ils ont décidé de faciliter la tâche des services de police. Alors que le texte est examiné mardi 2 juin au Sénat, après avoir été voté le 5 mai à l'Assemblée, des opposants au projet, qui craignent une surveillance de masse, ont décidé de se ficher eux-mêmes : ils se prennent en photo avec une ardoise où il est écrit "ce que le gouvernement pourrait avoir à [leur] reprocher", et appellent les internautes à faire de même.

"Nous devenons tous des suspects potentiels"

"Cheveux subversifs", "économiste contestataire" ou encore "fait pression sur les députés" : si les inscriptions sont parfois ironiques, ces opposants, parmi lesquels on retrouve notamment quelques figures d'Europe Ecologie-Les Verts, considèrent que le projet de loi permettra une surveillance de masse dangereuse pour les libertés individuelles.

Une crainte que reflète le nom du projet, "Usual Suspect", car "si le projet de loi renseignement passe au Sénat, nous devenons tous des suspects potentiels", estiment-ils. Les photos sont regroupées sous le hashtag #usualsuspects, mais aussi sur un compte Twitter et sur un site internet. Ce n'est pas la première action menée par ce groupe de militants contre le projet de loi : en mai, ils avaient manifesté et appelé un par un les députés pour les convaincre de rejeter le texte.