Une large majorité de Français contre la suppression de l'ISF, selon un sondage

Un sondage Odoxa pour "Le Parisien" et Linxea révèle que 72% des Français ne veulent pas que l'on supprime l'impôt de solidarité sur la fortune.

Une large majorité des personnes interrogées est opposée à la suppression de l\'impôt sur la fortune, selon un sondage publié le 27 octobre 2016.
Une large majorité des personnes interrogées est opposée à la suppression de l'impôt sur la fortune, selon un sondage publié le 27 octobre 2016. (DAMIEN MEYER / AFP)

Ne touchez pas à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Selon un sondage Odoxa pour Le Parisien et Linxea, publié jeudi 27 octobre, 72% des Français sont contre la suppression de cet impôt, voulue par quasi tous les candidats à la primaire à droite. Parmi les personnes sondées, 30% sont même en faveur d'un renforcement de cet impôt.

Par ailleurs, 39% des Français jugent que le seuil de patrimoine à partir duquel cet impôt est dû, fixé à 1,3 million d'euros, est un juste montant, et 20% pensent qu'il est trop élevé et devrait être abaissé. Quelque 40% voudraient que la résidence principale, actuellement prise en compte dans le calcul du patrimoine, mais avec un abattement de 30%, soit retirée de ce calcul.

Un impact jugé limité

Paradoxalement, seuls 24% des Français jugent que cet impôt a un impact positif sur l'économie française. Près de 82% des personnes interrogées pensent en outre que les gens vraiment riches parviennent à s'y soustraire. Les ménages aisés peuvent en effet bénéficier d'un plafonnement, l'impôt sur les revenus ajouté à l'ISF ne devant pas dépasser 75% des revenus perçus – un niveau jugé "confiscatoire" par le Conseil constitutionnel. Ce plafonnement a privé les caisses de l'Etat de 1,077 milliard d'euros de recettes en 2015. C'est la raison pour laquelle les députés ont adopté en première lecture un mécanisme anti-abus, censé rapporter quelque 50 millions d'euros par an.

Par ailleurs, 75% des personnes interrogées estiment que l'ISF provoque le départ de Français à l'étranger. En revanche, 57% jugent qu'il est utile, car il rapporte des sommes importantes à l'Etat.

Enquête réalisée en ligne les 20 et 21 octobre, auprès de 1 022 personnes selon la méthode des quotas.