Débat de la primaire à droite : et si c'était Jean-Frédéric Poisson le grand gagnant ?

Le candidat du Parti chrétien démocrate a surpris les télespectateurs et journalistes, jeudi, par son calme et son positionnement plus social que ses concurrents.

Le président du Parti chrétien démocrate participe, jeudi 13 octobre, au débat de la primaire à droite sur TF1.
Le président du Parti chrétien démocrate participe, jeudi 13 octobre, au débat de la primaire à droite sur TF1. (MARTIN BUREAU / AFP)

Il a été le seul à surprendre lors du premier débat de la primaire à droite, jeudi 13 octobre sur TF1. Quasi-inconnu, Jean-Frédéric Poisson participe à ce scrutin en qualité de président du Parti chrétien démocrate (PCD). Un statut qui lui a permis d'intégrer la primaire sans avoir à franchir l'écueil des parrainages. Crédité de 1,5% des intentions de vote, d'après une enquête réalisée par Odoxa-Dentsu Consulting pour France 2 publiée dimanche, il affichait un net retard de notoriété sur ses concurrents.

Mais cet érudit "ultra-conservateur et anti-libéral", selon Les Echos, a surpris l'auditoire et provoqué un pic de recherches sur Google. Pourquoi l'atypique député des Yvelines a-t-il tranché sur ses concurrents ?

Il a boosté sa notoriété

Sans doute moins stressé que ses concurrents, Jean-Frédéric Poisson est apparu, du coup, comme le plus calme des débatteurs. Et le successeur de Christine Boutin à la tête du PCD a atteint son objectif : gagner en notoriété en se posant en homme réfléchi. Plusieurs journalistes ont même jugé sur Twitter qu'il était la "révélation" du débat, à commencer par Hélène Bekmezian, du Monde :

Même son de cloche du côté de Bernard Pivot, qui fait l'éloge de la journaliste de RTL Elizabeth Martichoux (qui co-animait le débat aux côtés de Gilles Bouleau de TF1 et d'Alexis Brézet du Figaro), et de Jean-Frédéric Poisson :

Une prestation qui a permis visiblement de booster la popularité du député des Yvelines :

Et l'homme à la cravate rouge est devenu, selon Ivan Valério de BFMTV, la "star des recherches Google et de Twitter".

Il est apparu plus mesuré sur le terrain social

Mais qu'a bien pu dire Jean-Frédéric Poisson pour étonner ainsi ? Alors que les autres candidats rivalisaient de mesures d'austérité, proclamaient leur volonté de supprimer des centaines de milliers de postes de fonctionnaires, de retarder l'âge de départ à la retraite, de supprimer les 35 heures... Jean-Frédéric Poisson s'est démarqué. 

Dès sa première intervention, il a pris la défense des syndicats, que plusieurs candidats avaient violemment attaqués. Une modération remarquée par Emmanuel Berretta, journaliste du Point :

Et aussi par Xavier Frison, de Marianne :

Conclusion ? Si ça trouve, il est plus à gauche que certains socialistes, comme s'en amuse l'élu écologiste Alexis Braud :

Il a défendu la laïcité

Lors du débat de jeudi, dominé par les questions économiques et sécuritaires, Jean-Frédéric Poisson n'a pas pu développer son opposition au mariage pour tous, qu'il a promis d'abroger s'il est élu, et au droit à l'avortement.

Plus ouvert que ses adversaires sur les questions du port du voile et du burkini, il a été félicité sur Twitter par ce supporter d'Emmanuel Macron, qui a loué sa connaissance de la loi de 1905 :

En revanche, sur l'islam, il a affirmé tout de go : "Si je n'ai pas de problème avec les musulmans, j'ai un problème avec l'islam." Et le président du Parti chrétien démocrate de poursuivre : "La civilisation islamique pose problème à la République française." Sa tirade lui a valu d'être recadré par Nicolas Sarkozy, qui a affirmé que le problème venait de "l'islam politique".