Législatives : le maire LR de Saint-Etienne propose, contrairement à Christian Jacob, "un pacte républicain" avec Emmanuel Macron

Gaël Perdriau, maire Les Républicains de Saint-Étienne, président de Saint-Etienne Métropole estime mardi sur franceinfo que son parti doit prendre ses "responsabilités", et a "rendez-vous avec l'histoire".

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Gaël Perdriau, le 3 juillet 2018, à Paris. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Gaël Perdriau, maire Les Républicains de Saint-Étienne, président de Saint-Etienne Métropole a estimé ce mardi sur franceinfo que son parti peut "être la clé de l'avenir" et appelle à la mise en place d'un "pacte social, un pacte environnemental et un pacte républicain" avec Emmanuel Macron. "Notre parti doit prendre ses responsabilités. Il a rendez-vous avec l'histoire", a-t-il ajouté, alors que Christian Jacob, le président des Républicains, répète que LR est "dans l’opposition" au chef de l'État et rejette une coalition avec la majorité présidentielle.

franceinfo : Christian Jacob a-t-il la bonne stratégie après les résultats des Républicains aux législatives ?

Gaël Perdriau : Ce résultat, c'est deux fois moins qu'en 2017. C'est trois fois moins qu'en 2012. C'est six fois moins qu'en 2007. Ça veut dire qu’inexorablement, on court vers notre disparition. J'avais déjà tiré la sonnette d'alarme au moment de la primaire et lors de la désignation de Valérie Pécresse. J'ai regretté que mon parti se dirige vers une droite identitaire, court après les thèses de Ciotti, Morano qui eux-mêmes couraient après Zemmour ou le Rassemblement national.

Finalement, les Français ont préféré, en tout cas dans une cinquantaine de circonscriptions, l'original à la copie. Les Républicains peuvent être la clé de l'avenir du pays à partir du moment où, sur des bases programmatiques extrêmement claires, extrêmement fortes, en phase avec les Français notamment, en proposant un pacte social, un pacte environnemental et un pacte républicain qui réaffirme l'autorité de l'État à Emmanuel Macron pour le sortir d'une situation dans laquelle il s'est mis en raison du mépris qu'il a eu pour les Français, pour les élus pendant ces cinq années. Je considère que notre parti qui est héritier de la famille gaulliste doit maintenant prendre ses responsabilités. Il a rendez-vous finalement avec l'histoire pour ne pas laisser d'un côté les populistes de gauche qui commencent déjà à se déchirer, mais qui sont d'accord sur un point, c'est de semer le chaos et les populistes de droite qui n'ont jamais été aussi forts à l'Assemblée et qui véhiculent des idées nauséabondes qui, là aussi, ne visent qu'à une chose, déstabiliser le pays.

Vous n'avez pas peur de dissoudre votre parti en tendant la main à Emmanuel macron ?

Non, pas si on affirme effectivement des propositions extrêmement fortes. Dès l'élaboration du programme, j'ai attiré l'attention de Christian Jacob en rédigeant un certain nombre de tribunes libres, faisant des propositions sur les grands sujets de la société. Peut-être que les élus locaux sont plus en phase avec ce que ressent la population française. Il y a une vraie désespérance. Et c'est maintenant justement qu'ils ont besoin d'hommes et de femmes politiques véritablement engagés à leurs côtés, pas de grandes diatribes, sur des questions qui ont trait à l'éducation, au pouvoir d'achat, à la sécurité. Donc sur la base d'engagements extrêmement forts, encore une fois programmatiques, proposons à Emmanuel Macron d'infléchir sa politique. Il a manqué d'écoute pendant ces cinq années.

On a vu qu'il n'a malheureusement pas tiré les leçons sociales de la crise des gilets jaunes, pas plus, d'ailleurs, qu'il n'a donné corps aux propositions qui ont émané de la Convention citoyenne pour le climat qu'il avait pourtant mis en place. Soyons exigeants si nous voulons rester un parti de gouvernement et pas continuer cette descente inexorable qui fait de nous aujourd'hui, effectivement, un groupe qui peut être clé pour sortir de l'ornière notre pays. Et encore une fois, c'est notre responsabilité. Il en va de l'avenir de la France plutôt que de jouer les boutiquiers qui, à mon avis, n'aura qu'une conséquence : on participera aux côtés des populistes de gauche et aux côtés des populistes de droite au blocage de notre pays. Les Français nous en voudront et nous le ferons payer. Et de 60 [députés] nous passerons à la prochaine dissolution ou à la prochaine élection législative à moitié moins, voire plus du tout.

Le pacte républicain que vous proposez doit-il se faire avec Elisabeth Borne ?

Le signal qu'a voulu envoyer Emmanuel Macron au lendemain de son élection est complètement raté. Il a mis trois semaines pour désigner son Premier ministre et il avait annoncé de la nouveauté et de l'originalité, une meilleure adéquation avec l'opinion des Français, avec les sensibilités. Il n'en est rien. On a besoin effectivement de quelqu'un qui soit davantage à l'écoute, en prise avec les réalités locales.

On voit bien qu'il y a une inquiétude, y compris sur notre territoire, face au fait même de guerre en Ukraine lancée par les Russes, mais aussi face à ses conséquences économiques en termes de pouvoir d'achat. On voit l'inflation à un niveau qu'on n'a jamais connu. Donc, il y a une vraie inquiétude des Français sur l'avenir. Nous devons être en capacité de les rassurer, à condition que LR veuille bien sortir de cette paresse intellectuelle dans laquelle elle s'est engluée depuis 2012 autour de l'identité nationale qui faisait l'alpha et l'omega, finalement, de toutes les propositions politiques.

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