Mayotte : le candidat LR soutenu par Marine Le Pen se dit prêt à "surmonter tous les clivages pour défendre" son territoire

Elad Chakrina, candidat LR pour la législative partielle dont le premier tour a lieu dimanche à Mayotte, réagit vendredi sur franceinfo à l'appel de Marine Le Pen à voter en sa faveur.

Elad Chakrina, candidat LR pour la législative partielle à Mayotte.
Elad Chakrina, candidat LR pour la législative partielle à Mayotte. (LAURENT MACCHIETTI / RADIO FRANCE)

Sur franceinfo, Elad Chakrina, candidat LR pour la législative partielle à Mayotte  dimanche 18 mars, réagit après l'appel à voter en sa faveur de la présidente du Front national Marine Le Pen. Elad Chakrina refuse "les calculs politico-politiciens" et affirme "ne pas partager les idées du FN", tout en appelant à "surmonter tous les clivages (...) pour défendre la cause de Mayotte"

franceinfo : Que pensez-vous du soutien de Marine Le Pen ?

Elad Chakrina : Je ne partage pas les idées du Front national. Par contre, ce que j'ai cru comprendre, c'est que madame Le Pen avait vu l'intervention de Mansour Kamardine au sein de la Commission des affaires étrangères et que c'est ce qui l'avait fait réagir sur les questions d'immigration illégale et sur les questions de sécurité. Qu'elle appelle maintenant ses électeurs... Moi je dis que je ne partage pas les idées du Front national, mais par contre je veux que Mayotte puisse réussir. La réussite de Mayotte passe par sa sécurité, la lutte contre l'immigration illégale parce que vous avez officieusement plus de 60% de la population qui a une situation irrégulière. Maintenant, il faut surtout qu'on puisse surmonter tous les clivages et que l'on puisse s'unir pour défendre la cause de Mayotte.

Avez-vous des points de convergence avec Marine Le Pen sur la question de l'immigration clandestine ?

Je n'ai jamais dit ça. J'ai juste dit que la situation de Mayotte est inédite, c'est un cas très particulier. Vous voyez bien que tout est saturé. Les services publics sont saturés, les hôpitaux sont saturés. Il y a une situation qui est très difficile. Il y a un risque réel de tension de conflit intercommunautaire. Vous ne vivez pas ça au quotidien lorsque vous commentez tout ça à Paris. Lorsque vous avez des enfants qui se prennent des coups de couteau à l'école, vous ne le vivez pas ça. Lorsque vous sortez le soir et que vous avez une personne proche de vous qui se fait violer, vous ne le vivez pas. Lorsque vous avez vos mères qui se font agressées, vous ne le vivez pas ça. A Paris, ce sont beaucoup de commentaires. Ici, c'est une autre réalité et quand on le vit, la situation est différente. Par contre, qu'on ne vienne pas nous raconter que parce qu'il y a des idées qui sont véhiculées en Europe en matière de lutte contre l'immigration illégale, nous avons ici les mêmes idées. Non, les Mahorais ne sont pas racistes, nous ne sommes pas xénophobes, nous savons faire la part des choses. Nous savons être républicains, nous savons être pleinement citoyens. Nous savons également tendre la main à ceux qui veulent aider Mayotte.

Une alliance est-elle possible avec le Front national ?

Je ne suis pas en train de faire des calculs politico-politiciens, je vous parle des problèmes de Mayotte. Ce dont nous souffrons ici. Il n'y a pas de sécurité, pas d'éducation, pas de santé, pas d'économie. Tout va mal. Ce qui est important ce ne sont pas des alliances, mais avant tout de construire un territoire qui est déjà fragile et ce territoire qui est fragile, je crois qu'à un moment donné, il faut aussi se retrousser les manches et commencer un peu à arrêter les polémiques stériles qui, finalement, ne nous rendent absolument pas service.

Elad Chakrina, candidat LR pour la législative partielle à Mayotte, répond à Sandrine Etoa-Andegue.
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