Journalistes, Sarkozy, Darmanin... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Laurent Wauquiez

Invité de BFMTV, le président des Républicains a répondu à la polémique provoquée par ses propos enregistrés à son insu devant des étudiants lyonnais. 

Laurent Wauquiez, le président des Républicains, sur le plateau de BFMTV, le 20 février 2018. 
Laurent Wauquiez, le président des Républicains, sur le plateau de BFMTV, le 20 février 2018.  (BFM TV)

Droit dans ses bottes. Invité sur BFMTV, mardi 20 février, Laurent Wauquiez a écarté toute forme d'excuse et "assume" ses propos chocs, sauf ceux sur Nicolas Sarkozy, quatre jours après la diffusion par TMC de ses déclarations devant des étudiants lyonnais. Des "méthodes de voyou" contre lesquelles il va porter plainte et saisir le CSA. Voici ce qu'il faut retenir de son interview. 

Les médias :  "Je suis devenu une cible"

Laurent Wauquiez a dénoncé "quatre jours de déchaînement médiatique totalement surréalistes" et fustigé "les méthodes de voyou" du journaliste de "Quotidien", qui "s'est livré à une manipulation et a tenu une embuscade". "Il n'a pas fait un travail d'enquête, il a contacté les élèves en amont et a manipulé l'un d'entre eux pour le convaincre d'enregistrer ces propos dans mon dos et à mon insu, pour ensuite en sortir ces extraits, dans une rupture totale du contrat de confiance."

"Je suis devenu une cible", a insisté le président de LR, qui assure n'avoir "pas une once de mépris pour les Français" et dénonce un "deux poids, deux mesures" avec le traitement médiatique réservé à Emmanuel Macron: les déclarations du chef de l'Etat sur les Comoriens avaient été commentées "moins d'une journée", a-t-il relevé.

Les "écoutes" de Nicolas Sarkozy : son seul regret

C'est le seul passage diffusé par "Quotidien", qu'il "regrette vraiment". "J'ai présenté mes excuses" à l'ancien chef de l'Etat, indique Laurent Wauquiez. "Je n'ai jamais sérieusement pensé que les ministres étaient écoutés en Conseil des ministres", a-t-il assuré.

Les "conneries" de Valérie Pécresse : "De l'humour"

S'agissant de la présidente LR d'Ile-de-France, Valérie Précesse, dont il avait dit "Ah, le nombre de conneries qu'elle peut faire !", il jure que "ça n'était qu'un trait d'humour". 

Les dépenses d'Alain Juppé : il persiste et signe

Quid d'Alain Juppé, qui a "perdu toute forme de crédit" après avoir "cramé la caisse" (comprendre augmenté les impôts) à Bordeaux ? C'est "une grande figure politique". Mais "quand on augmente les impôts et qu'on augmente la dette, les Français savent qui à l'arrivée va payer l'addition", a maintenu Laurent Wauquiez.

Les "guignols d'En Marche" : "J'ai été très sobre"

"L'équilibre des pouvoirs. Ça, ça fait vraiment partie d'une illusion. Vous croyez qu'un parlementaire a le moindre pouvoir aujourd'hui ? Vous avez vu les guignols d'En marche !, là ? avait déclaré Laurent Wauquiez devant les étudiants lyonnais. "En utilisant le terme de guignols, j'ai été très sobre", a-t-il insisté mardi.

Fillon torpillé par Macron ? "Je maintiens"

Le président des Républicains avait estimé que le candidat de son parti à l'élection présidentielle de 2017 a été victime d'un cabinet noir mis en place par Emmanuel Macron. "Il a construit sa victoire à la présidentielle sur la démolition de François Fillon. Je le maintiens", a-t-il indiqué mardi. 

Gérald Darmanin, "du Cahuzac puissance 10" : "Une question d'exemplarité"

Dans les extraits de son cours diffusés par TMC, on entendait Laurent Wauquiez disserter longuement sur le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin, visé par une plainte pour viol classée sans suite et par une plainte pour abus de faiblesse. "Je ne lui promets pas un grand destin. C'est du Cahuzac puissance 10", avait-il lancé.

"Un ministre qui fait l'objet d'une plainte déposée par une femme pour abus de faiblesse ne peut pas rester au gouvernement", a-t-il estimé mardi. "Ce n'est pas une question de justice, c'est une question d'exemplarité", a-t-il ajouté, jugeant que certains responsables politiques s'abritaient "un peu trop facilement derrière la présomption d'innocence".

Le Medef et la CPME qui "encaissent l'argent" : "Je maintiens"

Devant les élèves de l'EM de Lyon, Laurent Wauquiez avait taclé les organisations patronales du Medef et de la CGPME. "Eux, c'est pire que tout. C'est-à-dire, eux, ils n'en ont rien à foutre de savoir si on augmente les cotisations sur les entreprises, si on augmente le truc. La seule chose qu'ils veulent, c'est encaisser l'argent." "Je maintiens", a-t-il indiqué sur BFMTV. "On peut pardonner mais on n'oubliera pas", a réagi la CGPME.