Laurent Wauquiez annonce qu'il va "porter plainte et saisir le CSA" après la diffusion de ses propos tenus devant des étudiants

Le président des Républicains était l'invité de BFMTV pour réagir à la polémique sur ses propos enregistrés à son insu. 

Laurent Wauquiez, le président des Républicains, lors du conseil national du parti, le 27 janvier 2018, à Paris. 
Laurent Wauquiez, le président des Républicains, lors du conseil national du parti, le 27 janvier 2018, à Paris.  (FRANCOIS PAULETTO / CROWDSPARK / AFP)

Quatre jours après, Laurent Wauquiez contre-attaque. Le président du parti Les Républicains annonce sur BFMTV, mardi 20 février, qu'il a décidé de "porter plainte" et de "saisir le CSA" après la diffusion dans l'émission "Quotidien", sur TMC, de ses propos polémiques devant les étudiants de l'EM de Lyon. 

"Laurent Wauquiez a annoncé qu’il comptait porter plainte contre nous et saisir le CSA. Et c’est une très bonne chose car on préfère nettement être jugés par la justice que par Laurent Wauquiez. Ça s’appelle l’Etat de droit", a aussitôt réagi l'animateur de l'émission, Yann Barthès.  

Face au tollé suscité par ces déclarations sans filtre, qui ciblent tout aussi bien Emmanuel Macron que Nicolas Sarkozy ou encore Gérald Darmanin, Alain Juppé et Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez, actuellement en vacances, a décidé de faire un aller-retour éclair à Paris pour s'expliquer sur le plateau de BFMTV.

"J'assume les propos qui ont été les miens"

"Un chef de parti devrait avoir le droit de dire ça", a-t-il répondu à la journaliste Ruth Elkrief, en référence au livre sur François Hollande, Un président ne devrait pas dire ça. Et de dénoncer "quatre jours de déchaînement médiatique totalement surréalistes". Laurent Wauquiez fustige "les méthodes de voyou" du journaliste de "Quotidien", qui "s'est livré à une manipulation et a tenu une embuscade". "Il n'a pas fait un travail d'enquête, il a contacté les élèves en amont et a manipulé l'un d'entre eux pour le convaincre d'enregistrer ces propos dans mon dos et à mon insu, pour ensuite en sortir ces extraits, dans une rupture totale du contrat de confiance."

"J'assume les propos qui ont été les miens", a-t-il ajouté, "parce que je n'ai pas de double langage". Le seul passage qu'il "regrette" concerne Nicolas Sarkozy. "Je n'ai jamais sérieusement pensé que les ministres étaient écoutés en Conseil des ministres", affirme le patron de LR, affirmant avoir présenté "ses excuses" à l'ancien président de la République. 

Sur Valérie Pécresse, "un trait d'humour"

Sur le reste, "un politique devrait sortir beaucoup plus souvent de la langue de bois", assure-t-il. "Oui, je maintiens qu'on a un problème de financement des syndicats", indique-t-il par exemple, en faisant allusion à ses critiques sur le Medef et la CGPME.

S'agissant de Valérie Précesse, dont il avait dit "qu'est-ce qu'elle dit comme conneries celle-là", "ça n'était qu'un trait d'humour". Concernant Alain Juppé, en revanche, Laurent Wauquiez confirme que le maire (LR) de Bordeaux, dont il avait dit devant les étudiants qu'il avait "cramé la caisse", a engagé trop de dépenses publiques pour sa ville. Et d'ajouter : "Je crois que les Français en ont soupé de ces politiques qui leur servent un langage policé." 

Interrogé sur sa "stature" de présidentiable par Ruth Elkrief, Laurent Wauquiez a eu cette réponse : "Une épreuve, ça n'est jamais facile mais on apprend d'une épreuve. Je sors de cette épreuve plus déterminé que jamais à défendre mes convictions et ma liberté de parole."