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Les nombreuses dissidences socialistes ont mis l’accord PS-EELV en porte-à-faux

Les écologistes ont dû affronter dimanche 10 juin pour le premier tour des élections législatives de nombreuses dissidences socialistes. L'accord PS-EELV va-t-il leur permettre d'atteindre leur objectif ?
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Cécile Duflot a fait valoir que les négociations avec le PS faisaient l'objet d'un "travail de bonne qualité". (Built-in,TTL / citizenside.com)

Les écologistes ont dû affronter dimanche 10 juin pour le premier tour des élections législatives de nombreuses dissidences socialistes. L'accord PS-EELV va-t-il leur permettre d'atteindre leur objectif ?

Les nombreuses dissidences socialistes ont handicapé, dimanche au premier tour des élections législatives, le score d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

Depuis, les écologistes ne sont plus certains d'atteindre le seuil des 15 députés à l'Assemblée nationale, nécessaires pour constituer un groupe. L'accord PS-EELV devait pourtant les en assurer.

Cet accord PS-EELV a-t-il volé en éclat le jour de sa signature ou bien s'est-il laissé réduire à peau de chagrin, à force de contraindre les écologistes à avaler des couleuvres ?

Avec 5,46% des voix contre 3,25% en 2007, et un nombre supérieur de députés, les écologistes ont cependant de quoi être satisfaits. Ils peuvent en effet garder un espoir d'atteindre leur objectif, en plus d'augmenter la dotation que leur parti reçoit de l'Etat.

Cet objectif reste d'obtenir un groupe parlementaire au Parlement. EELV veut peser sur la majorité présidentielle en obtenant le plus de députés possible. Ils espèrent être indispensables au PS et aux DVG pour obtenir la majorité absolue.

Le PS renforcé

L'accord avec le PS, conclu en novembre, a perdu de son sens après que le volet programmatique a donné des signes d'abandon. La polémique sur le combustible MOX qui s'est ouverte les jours suivants sa signature en constitue l'illustration la plus flagrante.

François Hollande s'était alors différencié de l'accord, affirmant qu'il n'était "pas pour la sortie du nucléaire, contrairement aux Verts". Cécile Duflot, elle, avait assuré sur France 2 que "c'est cet accord (…) qui sera signé avec le PS."

Concernant le volet électoral, EELV devait obtenir 15 élus en cas de défaite de la gauche, 25 à 30 si elle l'emportait. Un bond considérable pour le parti et ses quatre députés sortants : François de Rugy (Loire-Atlantique), Noël Mamère (Gironde), Yves Cochet (Paris, devenu député européen) et Anny Poursinoff (Yvelines).

Et si, tout a été fait de manière à donner aux écologistes un maximum de chances d'atteindre leur objectif, la campagne désastreuse d'Eva Joly a conduit les socialistes mécontents à braver la discipline du PS dans les circonscriptions, au risque de se présenter en dissident et d'être exclu du parti.

Mais pour le Parti socialiste, l'espoir est désormais permis d'avoir les mains libres pour composer sans alliés. Selon un sondage de l'institut Opinionway réalisé pour Le Figaro et LCI lundi, le PS pourrait obtenir la majorité absolue avec 293 à 323 sièges.

Les dissidences socialistes "font du mal"

Pour David Cormand, chargé des élections dans la formation écologiste, les écologistes parviendront tout de même à obtenir un groupe à l'Assemblée nationale de 16 à 20 députés à l'issue du second tour des élections législatives.

Mais si l'accord validé avec le PS en novembre a été "respecté au niveau national", "il l'a moins été" dans les circonscriptions "réservées" par le PS à des candidatures écologistes, avec une vingtaine de candidatures dissidentes. "Il faudra analyser ça, et notamment les suites à donner aux accords locaux", a-t-il prévenu.

Mais "un certain nombre d'écologistes sont tombés ce soir" en raison de dissidences PS, a-t-il déploré. "Il y aura des bilans territoriaux à tirer", a-t-il prévenu.

Plus précisément, les dissidences "font du mal dans le Vaucluse, dans l'Eure, en Vendée, où il y aura des duels UMP-FN au deuxième tour". "Il y a d'autres endroits où des dissidents arrivent devant des candidats de l'accord PS-EELV : à Lyon, dans la Sarthe et en Bretagne", a-t-il déploré.

A croire que l'accord ne leur a pas servi. Or, pour le politologue Stéphane Rozès, président de Cap, l'accord avec le PS "tout à fait avantageux" les a "aidés". "Ce score leur permet d'exister, de faire bonne figure", dit-il.

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