Les ministres font leur rentrée à l'Elysée et planchent sur "la France de 2025"

Les (courtes) vacances d'été sont terminées pour l'exécutif, qui se réunit lundi pour un séminaire.

François Hollande (G) et Jean-Marc Ayrault, suivis de Frédéric Cuvillier et Philippe Martin, à la sortie du Conseil des ministres le 2 août 2013 à l\'Elysée.
François Hollande (G) et Jean-Marc Ayrault, suivis de Frédéric Cuvillier et Philippe Martin, à la sortie du Conseil des ministres le 2 août 2013 à l'Elysée. ( MAXPPP)

Après une courte trêve estivale, le gouvernement au grand complet fait sa rentrée politique, lundi 19 août, autour de François Hollande à l'Elysée. Au menu de cette rentrée politique : un séminaire sur "la France en 2025". Ce sera surtout l'occasion de marquer l'unité de l'exécutif face aux tensions de l'été. Francetv info développe les enjeux de cette rentrée. 

Entre politique-fiction et communication

Introduit par le président de la République, qui s'exprimera devant les 37 ministres du gouvernement sous les ors de la salle des fêtes de l'Elysée, ce séminaire sera conclu par le Premier ministre. Jean-Marc Ayrault devrait également s'exprimer publiquement à la mi-journée sur le perron du palais présidentiel, avant un déjeuner de travail qui refermera cet ambitieux exercice de politique-fiction. Objectif de ce séminaire, "préparer la France dès aujourd'hui à relever les défis qui seront les siens dans dix ans, à travers un diagnostic mettant en exergue ses forces et ses faiblesses", indique l'entourage du président.

Matignon, pour sa part, a dressé pour l'occasion la "liste de priorités urgentes" traitées depuis 15 mois par le pouvoir socialiste (retour à l'équilibre budgétaire, pacte pour la compétitivité et l'emploi, loi sur la sécurisation du travail…), ajoutant un nouvel item : la très controversée réforme des retraites. Tout en haut de la pile des dossiers chauds de la rentrée, elle sera esquissée fin août par Jean-Marc Ayrault, avant la présentation officielle d'un projet de loi début septembre.

Un exercice d'imagination plus que de prospective

En attendant, les ministres, invités à plancher cet été sur "la France de 2025", ont laissé libre cours à leurs désirs ou leur imagination. Pierre Moscovici, aux Finances, juge "réaliste" un retour au plein emploi dans douze ans, dans une France qui devrait avoir alors "pleinement recouvré sa souveraineté budgétaire". Seul bémol : la cinquième puissance économique mondiale n'occupera plus selon lui que "la huitième ou neuvième place".

Filant la métaphore numérique, Manuel Valls promet des "forces de l'ordre 3.0 efficaces, proches de la population et à la pointe des avancées technologiques". Le ministre de l'Intérieur aura sans doute modérément apprécié la copie de sa collègue de la Justice, Christiane Taubira, qui entend lutter contre la surpopulation carcérale par "le développement des peines alternatives à l'incarcération". Dans une note publiée par Le Monde, qui a fait l'effet d'une bombe politique aux abords du 15 août, il s'était déjà vivement inquiété de son projet de réforme pénale, réclamant l'arbitrage de François Hollande.

Cécile Duflot se prend à rêver d'une France où l'accès au logement "pour chacun ne sera plus un facteur de stress ou d'incertitude, mais une étape plaisante de la vie". Quant au ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, il augure le retour de son pays "dans le concert des grandes nations industrielles", avec une balance commerciale qui dégagerait "un excédent positif structurel".

L'opposition préfèrerait la "rentrée 2013"

Tout ceci laisse pantois le président du MoDem, François Bayrou, pour qui aucune piste de réforme importante n'a été jusqu'à présent "prise à bras-le-corps" par l'exécutif. Quant au vice-président de l'UMP Laurent Wauquiez, il a dénoncé dimanche le caractère "surréaliste" de ce séminaire gouvernemental, au vu des "difficultés actuelles". Il estime que le gouvernement devrait plutôt chercher comment éviter les hausses d'impôts, "le thème de la rentrée", selon lui. Eric Ciotti, député UMP des Alpes-Maritimes, y voit "une grosse ficelle de communication un peu éculée, pour laisser croire que le gouvernement travaille"

Le député UMP de la Drôme Hervé Mariton estime, lui, que "ce n'est pas un crime de s'interroger sur le long terme, mais il faut mettre les choses dans l'ordre". Et d'ajouter : "On a aujourd'hui une priorité qui est celle de la situation de l'emploi, donc avant de regarder les miracles que l'on peut faire en 2025, il est indispensable de faire à la rentrée 2013 les réformes dont la France a absolument besoin."