Le possible retour de DSK hante les socialistes

L'éventualité d'un abandon des poursuites contre Dominique Strauss-Kahn et d'un retour en France de l'ex-favori de 2012 pourrait perturber la primaire PS, alors que l'Université d'été du parti commence vendredi à La Rochelle.

Martine Aubry, François Hollande, Dominique Strauss-Kahn
Martine Aubry, François Hollande, Dominique Strauss-Kahn (ERIC FEFERBERG / AFP)

L'éventualité d'un abandon des poursuites contre Dominique Strauss-Kahn et d'un retour en France de l'ex-favori de 2012 pourrait perturber la primaire PS, alors que l'Université d'été du parti commence vendredi à La Rochelle.

"J'attends qu'il sorte de ce cauchemar", a déclaré sur BFMTV-RMC-Le Point Martine Aubry, qui affirme avoir DSK "très souvent au téléphone". "Laissons Dominique attendre la décision de justice. Après il s'exprimera".

Les "strauss-kahniens" restent prudents

En France, les proches de DSK observent la même réserve. En juillet, ils avaient connu un moment d'euphorie quand . Mais le 8 juillet, l'ouverture d douchait leurs espérances. "Ne spéculons pas", a demandé le député PS Jean-Christophe Cambadélis, tandis que le maire socialiste de Sarcelles, François Pupponi, a recommandé dimanche d'être "très prudent".

Pour Michèle Sabban, soldate strauss-kahnienne toujours au front, "ce n'est pas une surprise". "J'espérais que cela arriverait beaucoup plus tôt", a-t-elle déclaré sur BFMTV. DSK blanchi reviendra-t-il à Paris ? "Laissons (le) se reconstruire après le cauchemar qu'il a vécu", a confié à l'AFP Christophe Borgel, l'un de ses très proches et soutien de Mme Aubry.

Pour Mme Sabban, "il rentrera certainement en France". Michel Taubmann, auteur d'une biographie de l'ex-directeur général du Fonds monétaire international (FMI), qu'il a rencontré samedi soir à New York. "voit bien" DSK se rendre d'abord à Washington où il vivait avant son arrestation du 14 mai et "parler aux personnels du FMI" pour "les remercier et leur expliquer", puis ensuite "rentrer en France". Une revanche pour celui qui avait été contraint d'envoyer sa lettre de démission depuis la prison de Rikers Island à New York.

Avant sa descente aux enfers, celui qui était alors patron du Fonds monétaire international était salué pour ses talents d'économiste et avait joué un rôle clé au moment où l'institution était en première ligne dans la crise financière mondiale de 2008. Alors, DSK innocenté, nouvel homme providentiel? Personne dans le milieu politique n'ose avancer une telle hypothèse, mais son biographe pense qu'outre sa propre affaire, l'ex patron du FMI est "extrêmement préoccupé par la crise financière actuelle". "Il aura sans doute des choses à dire sur l'avenir de notre pays", a déclaré Martine Aubry .

Et François Hollande dans tout ça ?

François Hollande, favori des sondages dans la primaire du PS, a affirmé lundi qu'un éventuel retour de Dominique Strauss-Kahn dans la vie politique française s'il était blanchi aux Etats-Unis ne le "détermin(ait) nullement". "Je n'ai jamais déterminé ma démarche par rapport à la situation de l'un ou de l'autre. Je n'avais aucun pacte, aucun arrangement", a déclaré M. Hollande, en allusion au "pacte" passé entre Martine Aubry et l'ex-patron du FMI pour ne pas se présenter l'un contre l'autre à la primaire PS des 9 et 16 octobre.

"Je suis candidat. Je l'ai été quand je pensais que Dominique Strauss-Kahn serait candidat lui aussi à la primaire", a rappelé M. Hollande.

"Un homme qui a des compétences comme Dominique Strauss-Kahn peut être utile à son pays, dans les mois et les années qui viennent", a estimé néanmoins le député de la Corrèze. "J'ai toujours souhaité que Dominique Strauss-Kahn puisse faire éclater sa vérité, la vérité, et qu'il puisse avoir une justice qui le traite avec autant d'objectivité", a-t-il insisté.

Prié de dire si, à ses yeux, un retour de DSK dans la campagne des primaires était possible, François Hollande répond : "ça dépend de lui".