Le plan de François Hollande pour renouer avec la croissance

Dans un entretien au "Monde", le chef de l'Etat annonce de nouvelles mesures pour le pouvoir d'achat, tout en défendant son pacte de responsabilité.

François Hollande assiste à une démonstration de l\'armée de l\'air, à bord du porte-avion \"Charles-de-Gaulle\", dans le port de Toulon (Var), le 15 août 2014.
François Hollande assiste à une démonstration de l'armée de l'air, à bord du porte-avion "Charles-de-Gaulle", dans le port de Toulon (Var), le 15 août 2014. (PHILIPPE WOJAZER / REUTERS)

François Hollande refuse "toute godille ou tout zigzag". Dans un long entretien accordé au Monde, mercredi 20 août, le président de la République défend son "cap, celui du pacte de responsabilité", et expose son projet pour stimuler la croissance. Voici ce qu'il faut retenir des annonces économiques du chef de l'Etat.

Il s'accroche au pacte de responsabilité

Garder son cap et "accélérer les réformes". François Hollande refuse de se laisser décourager par les mauvais chiffres du chômage et les prévisions de croissance revues à la baisse. Dans cette interview, il défend sa politique économique, qui repose sur une politique de l'offre, au travers du pacte de responsabilité, en affirmant que "les choix ne peuvent être rediscutés à chaque fois qu'un indice trimestriel est connu". "L'objectif est clair : moderniser notre économie en améliorant la compétitivité et en soutenant l'investissement comme l'emploi", réaffirme le chef de l'Etat.

Il annonce de nouvelles mesures pour la croissance

François Hollande veut doper la croissance "dans quatre domaines" :

• Le logement. Le président a demandé un "plan de relance" qui "touchera à la fiscalité, aux procédures et aux financements".

• L'investissement. "Des assises se tiendront en septembre avec l'ensemble des établissements financiers pour les inciter davantage à prêter aux PME", annonce François Hollande, espérant "mieux orienter l'épargne vers l'économie productive et pour assurer le financement de grands projets collectifs, comme la transition énergétique".

• Les professions réglementées. Le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, doit présenter en septembre un projet de loi sur le pouvoir d'achat. Ce projet "visera à accroître la concurrence dans les prestations offertes aux consommateurs, à faire baisser les tarifs et à lutter contre le maintien de certaines rentes et privilèges". Il s'agira aussi d'"adapter la réglementation sur l'ouverture des magasins le dimanche".

• L'apprentissage. Sans donner de détail, François Hollande affirme que "des réformes seront engagées pour développer l'apprentissage, les formations en alternance des chômeurs de longue durée et pour moderniser le dialogue social".

Il fait un geste pour le pouvoir d'achat

François Hollande répond à la censure par le Conseil constitutionnel d'une partie du pacte de responsabilité sur les allègements de cotisations salariales, début août. Cette réforme devait redonner du pouvoir d'achat aux ménages les plus modestes. Pour atteindre tout de même cet objectif, le président de la République propose deux mesures

• Une fusion RSA-prime pour l'emploi. Une nouvelle prestation sociale va remplacer ces deux prestations souvent critiquées. Sont remis en cause notamment, l'effet décalé dans le temps de la PPE et le faible taux de demande d'obtention du RSA. Cette réforme doit "favoriser la reprise du travail et améliorer la rémunération des salariés précaires", assure le chef de l'Etat. La réforme sera engagée "dès la loi de finances pour une amélioration du pouvoir d'achat équivalente à ce qui avait été prévu initialement", précise François Hollande.

• Une révision de l'impôt sur le revenu. Le président dit vouloir "rendre plus juste et plus simple le barème de l'impôt sur le revenu notamment pour les premières tranches, c'est-à-dire pour les contribuables modestes et moyens". Elle sera effective pour l'impôt payé à l'automne 2015 et doit amplifier la réduction d’impôt de 350 euros votée cet été.

Il veut desserrer l'étau de l'Europe

Interrogé sur l'objectif de réduction du déficit public à 3% du PIB, exigé par Bruxelles, François Hollande "considère que le rythme de la consolidation budgétaire en Europe doit être adapté à la situation exceptionnelle que nous traversons, qui est caractérisée par une faible croissance et surtout par une très basse inflation". "Je ne demande pas à ce que l'on change les règles, mais qu'on les applique avec toutes les flexibilités prévues par les traités en cas de circonstances exceptionnelles", ajoute-t-il, tout en affirmant ne pas vouloir se placer "dans un face-à-face avec l'Allemagne".