Le "message d'alerte" des régions au gouvernement

Les présidents des 22 régions françaises craignent une baisse des moyens mis à leur disposition par l'Etat.

Alain Rousset, président de la région Aquitaine et de l\'Association des régions de France, le 3 décembre 2012 à Paris.
Alain Rousset, président de la région Aquitaine et de l'Association des régions de France, le 3 décembre 2012 à Paris. ( MAXPPP)

Vingt-et-une régions sur vingt-deux sont dirigées par la gauche, mais cela n'empêche pas les présidents de conseils régionaux de tirer la sonnette d'alarme. Vendredi 20 septembre, le président de l'Association des régions de France, Alain Rousset (PS), a lancé "un message d'alerte au président de la République et au Premier ministre". 

Les régions s'inquiètent des moyens mis à leur disposition pour mener à bien leurs missions. "On partage parfaitement les objectifs du président de la République" sur les grandes lignes de la politique qu'il impulse, a déclaré Alain Rousset en clôture du 9e congrès de l'ARF, à Nantes. Par contre, il lance "un message d'alerte au président de la République et au Premier ministre", a-t-il affirmé, tout en précisant que ce n'était "pas un message agressif".

"Sisyphe est toujours heureux et toujours combatif"

"Nous sommes la seule collectivité dont les ressources baissent" à cause d'une réduction des ressources fiscales et d'une diminution des dotations de l'Etat à partir de 2014. "Et dans le même temps, on nous dit : 'il faut prendre 30 000 jeunes en insertion professionnelle, il faut que vous cofinanciez avec l'Etat les plans campus [universitaires], il faut que vous financiez l'extension des lignes à grande vitesse, que vous accompagniez la nouvelle politique industrielle et les pôles de compétitivité, a poursuivi Alain Rousset. Tout cela n'est pas possible."

Rappelant que les régions avaient mis sur la table 15 milliards d'euros pour les contrats de projet Etat-régions 2008-2014, le président de l'ARF a estimé que "le risque aujourd'hui, c'est de diviser par deux cette somme" pour les contrats 2014-2020. Selon lui, les présidents de région ont "l'impression que d'année en année, on essaie de monter leur pierre en haut de la montagne, et que, tous les ans, elle redescend". Mais il a, malgré tout, voulu rester positif. "Pour les présidents de région, Sisyphe est toujours heureux et toujours combatif, a-t-il lancé. Les régions se sont retroussé les manches et continueront à le faire."