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Le maire FN de Hayange récuse toute irrégularité dans ses comptes de campagne

L'ex-première adjointe accuse Fabien Engelmann de lui avoir emprunté 3 000 euros, sans la rembourser ni les inscrire sur son compte de campagne.

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France Télévisions
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Le maire d'Hayange (Moselle), Fabien Engelmann, et sa première adjointe, Marie Da Silva, le 6 avril 2014. (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

C'est une drôle de scène captée par les caméras de Canal+. En pleine interview du maire Front national de Hayange (Moselle), Fabien Engelmann, un homme se présente et interpelle l'édile. "C'est quand que tu me rends les sous que je t'ai prêté pendant la campagne, lance l'homme, avant de préciser : je suis le mari de la première adjointe, grâce à qui il a obtenu son poste, avec mon fric, qu'il a du mal à rendre".

Une accusation confirmée par son épouse, Marie Da Silva. Le candidat FN lui aurait demandé de régler personnellement 3 000 euros de factures lors de la campagne des municipales, une somme qui n'a pas été incluse dans le compte de campagne. Un service rendu "dans l'attente de l'obtention de son prêt", précise celle qui a déposé une plainte et signalé le problème à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP).

"C'est de la pure diffamation"

Le maire dément en bloc. "C'est de la pure diffamation. Nous sommes innocents. Ces factures n'existent pas, c'est du bidon. Sinon, qu'elle les sorte !", a répliqué Fabien Engelmann lundi 1er septembre, qui a saisi son avocat. "Je peux garantir qu'il n'y a aucun problème avec les comptes. Des fois, on fait une petite avance... A la permanence, chacun payait de quoi remplir le frigo, des bières ou du café", a-t-il toutefois admis.

Ce n'est pas la première fois que les deux élus s'affrontent. Numéro 2 de la liste FN lors du scrutin, Marie Da Silva est devenue première adjointe après l'élection. Mais le maire lui a retiré ses délégations la semaine dernière, pour "incompatibilité de raisonnement" - une décision que le conseil municipal doit entériner mercredi.

Marine Le Pen a "tendance à croire le maire"

"J'ai tendance à croire le maire", a expliqué Marine Le Pen sur France Info mardi 2 septembre. La présidente du Front national dénonce "une affaire de Clochemerle, un désaccord entre la première adjointe et le maire" : "Si la première adjointe a des éléments, qu'elle les montre, qu'elle les donne à la justice, c'est aussi simple que cela dans une République bien tenue."

La leader frontiste en a profité pour dénoncer les pratiques des médias, qui "vont dans les municipalités FN comme au zoo". "Je soutiens tous les maires, mais je n'interfère pas dans leur administration, dans la gestion de leur ville", précise-t-elle. "Les instructions ne viennent pas de Paris", a-t-elle conclu, marquant sa distance avec ses élus.

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