Le gouvernement "rompt" avec la RGPP, bête noire des fonctionnaires

La RGPP, Révision générale des politiques publiques, désigne la réforme de l'Etat lancée par Nicolas Sarkozy en 2007. Matignon annonce y mettre fin, après la publication d'un rapport très critique sur ses méthodes.

(IANNIS JAPIOT/WOSTOK PRESS Maxppp)

RGPP, le sigle qui donne des boutons à toute la fonction publique réunie. Mesure phare de cette réforme mise en oeuvre par le gouvernement Fillon : le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, entre autre mesure d'économie et de rationalisation. Première mesure pourfendue à chaque manifestation de la fonction publique. 

Les socialistes, dès leur arrivée aux affaires, avaient commandé un rapport sur ce dispositif. Rapport rendu ce mardi par les trois inspections générales, qui insiste sur la nécessité de continuer à rénover l'action publique mais déplore la méthode employée. Les rapporteurs parlent de "communication lénifiante ", "démarche en vase clos ", "verticale et cloisonnée ", "absence de dialogue " : "Au final , dit le rapport, la RGPP a été mal vécue par de nombreux agents ". 

La RGPP, "une réforme brutale"

Matignon a donc pris acte de ces critiques et recommandations. "Le gouvernement engage une nouvelle politique de modernisation de l'action publique, qui rompt résolument avec la stratégie de court terme et la méthode aveugle de la RGPP ", affirme-t-il dans un communiqué. Marylise Lebranchu, la ministre de la Fonction publique, enfonce le clou : "Personne n'a jamais contesté la nécessité de réviser les missions de l'Etat ", dit-elle, mais le gouvernement précédent "a inutilement gâché cette réforme par la brutalité de la méthode employée ".