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Le G20 s'invite dans la campagne présidentielle

Le G20 devait marquer le retour en grâce de Nicolas Sarkozy. La crise grecque l'a transformé en sommet européen, loin de la régulation financière. Du coup, l'opposition attaque à quelques heures de l'interview Sarkozy/Obama diffusée sur France 2.
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Nicolas Sarkozy discutent avec Angela Merkel, Barack Obama et David Cameron , lors du G20 à Cannes, le 3 novembre 2011. (AFP - Jim Watson)

Le G20 devait marquer le retour en grâce de Nicolas Sarkozy. La crise grecque l'a transformé en sommet européen, loin de la régulation financière. Du coup, l'opposition attaque à quelques heures de l'interview Sarkozy/Obama diffusée sur France 2.

Nul n'a oublié le discours du président de la République, Nicolas Sarkozy, à l'Assemblée générale des Nations unies en septembre 2008.

"Le devoir des chefs d'Etat et de Gouvernement des pays les plus directement concernés est de se réunir avant la fin de l'année pour réfléchir ensemble aux leçons à tirer de la crise financière qui est la plus grave qu'ait connue le monde depuis celle des années 1930 ".

Dans la foulée, et sous l'impulsion de la France, le G20 s'est transformé en instance de pilotage économique, réunissant les plus grands décideurs publics du monde à Londres en avril 2009, à Pittsburgh en septembre 2009, à Toronto en juin 2010, et à Séoul en novembre 2010.

Mais des objectifs fixés initialement, notamment le renforcement de la régulation financière et la réforme du système monétaire international (SMI), que reste-t-il ?

A en croire la gauche, pas grand chose.

Nicolas Sarkozy tentera de démontrer l'inverse lors de son interview croisée avec Barack Obama. Cette intervention sera enregistrée à Cannes, à l'issue du G20 vendredi après-midi puis diffusée au cours des journaux de 20H00 de TF1 et de France 2.

Pour le parti socialiste, le G20 de Cannes "est raté"

Interrogé régulièrement sur le chiffrage, en cours, de leur programme ou, plus récemment sur l'affaire "Guérini", le parti socialiste trouve avec la crise européenne et le G20, l'occasion de reprendre l'offensive.

Interrogé vendredi matin sur Europe 1, le candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande, a assimilé Nicolas Sarkozy à un "animateur" de la journée de jeudi du sommet du G20 à Cannes, sans avoir été "véritablement un acteur de la régulation financière qui était attendue".

"Ce G20 est raté, ce qui devait être un G20 pour remettre de l'ordre dans le monde n'est qu'un G20 tourné vers l'Europe et qui lui dit 'remettez de l'ordre chez vous'", a relayé ce même jour sur France Info, le député socialiste et ancien ministre de l'Economie, Michel Sapin.

Tout aussi virulent, Benoît Hamon. Lors d'un point presse jeudi, le porte-parole du parti socialiste avait déjà dénoncé un "G20 qui est un théâtre d'ombres et qui répète des pétitions de principe (...) on ne prend concrètement aucune mesure pour inverser la puissance des marchés financiers qui déterminent aujourd'hui le cours de l'économie réelle, et le cours de la réalité sociale de millions de personnes sur cette planète".

Pour François Bayrou l'opération de communication est "insupportable"

François Bayrou est sur un autre angle d'attaque. Le président du MoDem, qui avait déjà pointé le rôle des médias dans la campagne présidentielle en 2007, juge que la prestation télévisée de Nicolas Sarkozy, s'apparente à une opération de communication

"Que les deux principales chaînes de télévision françaises soient requises toutes les deux, la semaine dernière pour une heure et quart d'interview de Nicolas Sarkozy (...) et que, deuxièmement ce soir, on fasse rebelote avec Barack Obama et Nicolas Sarkozy dans une opération dont le but est transparent : montrer que ce sont les grands de la planète et qu'ils se parlent, qu'ils se tutoient" est "quelque chose de très troublant et même d'insupportable dans le déséquilibre qui est créé dans la communication", a-t-il déploré vendredi sur Radio Classique/Public Sénat.

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