Le CSA explique aux partis ses règles sur les décomptes de temps de parole

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a expliqué, lundi 19 décembre, à une vingtaine de partis la règle des temps de parole dans les médias pendant la campagne présidentielle. La recommandation du CSA entre en vigueur le 1er janvier 2012.

Christine Kelly, l\'un des neuf membres du CSA.
Christine Kelly, l'un des neuf membres du CSA. (MARTIN BUREAU / AFP)

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a expliqué, lundi 19 décembre, à une vingtaine de partis la règle des temps de parole dans les médias pendant la campagne présidentielle. La recommandation du CSA entre en vigueur le 1er janvier 2012.

Le CSA a réuni lundi à Paris une vingtaine de responsables de formations politiques pour une séance d'explication des règles du pluralisme que doivent respecter les services de radio et de télévision pour la présidentielle de 2012.

Les petits partis se plaignent

"Cette réunion est une première. Jamais le CSA ne s'est ainsi ouvert aux partis pour expliquer son fonctionnement", a déclaré la conseillère du CSA, Christine Kelly, au Figaro.

C'est une "réponse aux attentes fortes des formations politiques, des petites en particulier, qui se jugent peu présentes dans les médias et s'en plaignent", a précisé l'ex-journaliste de LCI qui dirige le groupe de travail sur la pluralité.

Coup d'envoi le 1er janvier

La recommandation du CSA - publiée le 6 décembre au Journal officiel - entrera en vigueur le 1er janvier 2012. A partir de cette date, le temps de parole des candidats à l'élection présidentielle sera décompté à la radio et à la télévision, mais aussi celui de leurs soutiens, qu'ils soient membres d'un parti ou pas.

"Le temps de parole de tout le monde peut-être décompté, dès lors qu'il appelle à soutenir tel ou tel candidat. Même quelqu'un qui s'exprimera dans la rue, un inconnu sera décompté", selon Mme Kelly. En dehors des périodes électorales, seuls les membres d'un parti sont décomptés.

De l'équité à l'égalité : trois périodes

Le CSA entend ainsi veiller à "l'équité" du temps de parole et du temps d'antenne jusqu'au 19 mars. Équité ne signifie pas égalité mais traitement équitable en fonction des résultats électoraux récents, des sondages d'opinion et de la capacité des candidats à faire campagne.

À partir du 19 mars, s'ouvrira la deuxième période, celle réservée aux candidats déclarés qui auront obtenu leurs 500 parrainages. Dès publication de la liste des candidats par le Conseil constitutionnel, le CSA veillera à "l'égalité de temps de parole" et à "l'équité de temps d'antenne" entre eux. Le temps d'antenne, qui comprend des éléments éditoriaux consacrés à un candidat ou à ses soutiens, continue d'être régi par le principe de l'équité.

La campagne officielle débute le 9 avril

Au cours de la campagne officielle, du 9 au 20 avril et du 23 avril au 4 mai 2012, l'égalité stricte du temps de parole, d'antenne et de qualité de programmes sera imposée.

Garant du pluralisme, le CSA avait déjà reçu les diffuseurs le 5 décembre, excepté les chaînes parlementaires qui ne dépendent que du Parlement.

Lors de l'élection présidentielle de 2007, la campagne avait débuté le premier décembre 2006. Chaînes de télé et radios avaient eu, à l'époque, des difficultés à respecter le décompte du temps de parole annuel des partis politiques en même temps que la mesure du temps de parole particulier de la précédente élection présidentielle, rappelle Le Monde.

Des "contrôles" dès janvier

Dès le mois janvier 2012, le CSA procédera à des "contrôles" auprès des chaînes et radios. D'abord mensuels, en janvier, puis bimensuels en février, ils deviendront de plus en plus fréquents à l'approche des deux tours de la présidentielle. Le premier tour du scrutin présidentiel a lieu le 22 avril, le deuxième tour le 6 mai.

Depuis une décision du Conseil d'Etat, le CSA prend en compte depuis 2009 le temps de parole du président de la République. Sa parole non présidentielle de (probable) futur candidat sera comptabilisée à partir du 1er janvier 2012. Chacune des ses interventions devra être scrupuleusement analysée, un casse-tête de plus pour le CSA.