La secrétaire d'Etat Geneviève Fioraso démissionne du gouvernement pour des raisons de santé

L'Elysée a annoncé dans la foulée, jeudi, que la ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, reprend les attributions de Geneviève Fioraso au gouvernement.

Genevieve Fioraso (G.) et Najat Vallaud-Belkacem, lors d\'une viste d\'un Centre régional des œuvres universitaires et scolaires, à Paris, le 8 septembre 2014.
Genevieve Fioraso (G.) et Najat Vallaud-Belkacem, lors d'une viste d'un Centre régional des œuvres universitaires et scolaires, à Paris, le 8 septembre 2014. (MARTIN BUREAU / AFP)

La secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, Geneviève Fioraso, renonce à ses fonctions au gouvernement pour raisons de santé. L'Elysée annonce, jeudi 5 mars, qu'elle a présenté sa démission. Sa ministre de tutelle, Najat Vallaud-Belkacem, reprend ses attributions au gouvernement. 

Dans son communiqué, le chef de l'Etat "adresse ses voeux de rétablissement" à Geneviève Fioraso et la "remercie pour l'action accomplie au service de l'excellence de la recherche française et de la modernisation de l'enseignement supérieur". Voici ce qu'il faut retenir de cette démission.

Ce que dit Geneviève Fioraso

Dans une interviwe accordée au Dauphiné, Geneviève Fioraso explique : "Mon état de santé est incompatible avec la fonction de ministre et il est impossible d’être ministre à temps partiel. Je ne peux pas à la fois me soigner, ce qui demande de l’énergie et exercer mon activité." "Je gère un budget de 23 milliards d’euros, pour plus de 200  établissements, poursuit-elle. Pour le faire bien, il faut être en forme et être sur le terrain. Or les médecins me disent qu’il faut que je me consacre aux soins." Et l'ancienne secrétaire d'Etat ajoute : " Je décide de m’arrêter et c’est pour moi un crève-cœur." 

Arrivée tardivement sur la scène nationale, Geneviève Fioraso, 60 ans, issue du creuset politique grenoblois, a enclenché un bouleversement du paysage universitaire avant de devoir partir jeudi pour des problèmes de santé. Ancienne prof d'anglais, Geneviève Fioraso est avant tout une militante, qui a soutenu Pierre Mauroy puis Michel Rocard, avant de devenir une fidèle de Pierre Moscovici.

Selon ses proches, c'est sans doute ce dernier qui a soufflé en 2012 à François Hollande et Jean-Marc Ayrault le nom de ce petit brin de femme, à la voix rauque et à l'élégance sobre, pour le ministère de l'Enseignement supérieur. Elle est alors députée PS et adjointe au maire de Grenoble, Michel Destot. Tout le monde le voyait entrer au gouvernement, mais c'est elle qui monte à Paris.

Son passage au ministère de l'Enseignement supérieur

En trois ans - deux à la tête d'un ministère élargi aux sciences et à la recherche, un en tant que secrétaire d'Etat - elle laissera entre autres une loi éponyme, du 22 juillet 2013, lançant les regroupements universitaires : les Communautés d'universités et établissements, regroupant universités, laboratoires de recherche et grandes écoles en de grands campus.

Geneviève Fioraso a fait voter une autre loi sur l'encadrement des stages (du 10 juillet 2014), un cadre pour la recherche sur l'embryon et les cellules souches (loi du 6 août 2013) et mené un combat pour le lancement de la fusée Ariane 6.

"Elle a le courage de ses décisions", selon le président de l'Ecole polytechnique, Jacques Biot, qui loue aussi sa "forte autorité morale". Hélène Conjaud, présidente et porte-parole du collectif "Sauvons l'université", parle elle d'une "ministre épouvantable qui n'a pas défendu les intérêts du supérieur et l'a poussé vers la privatisation""Il y a eu du positif au début du quinquennat", tempère le président de l'Unef William Martinet. Mais aujourd'hui, "il n'existe aucun terrain de négociation possible", sans doute à cause de "problèmes budgétaires".

Et maintenant ? 

La loi prévoit que Geneviève Fioraso, 60 ans, retrouve son siège de députée de l'Isère dans un délai d'un mois. Son suppléant, Olivier Véran (PS), doit ainsi pouvoir à partir du 31 mars et pour quelques jours dans l'hémicycle défendre le projet de loi santé en première lecture, dont il est un des rapporteurs.

L'actuel député, médecin de profession et membre de la commission des Affaires sociales, s'est beaucoup investi dans la préparation de l'examen de ce texte.

A moins que la secrétaire d'Etat ne démissionne également de son mandat de député, ce qui provoquerait une législative partielle dans la 1ère circonscription de l'Isère, celle anciennement d'Alain Carignon (UMP). Geneviève Fioraso l'avait ravie à la droite en 2007.