Europe : "L'influence qu'on veut avoir c'est d'abord que le projet avance", assure Amélie de Montchalin

Invitée de Questions politiques, la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères est également revenue sur le renoncement de Nathalie Loiseau à briguer la présidence du groupe centriste au Parlement européen.

"L'influence qu'on veut avoir c'est d'abord que le projet avance. Ce que Nathalie Loiseau a fait avec courage c'est de dire qu'elle préférait ne pas mettre tous nos points dans le fait qu'elle devienne présidente du groupe", a expliqué sur franceinfo et France Inter Amélie de Montchalin, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, chargée des Affaires européennes. La députée européenne Nathalie Loiseau a fini par renoncer à briguer la présidence de Renew Europe, le groupe centriste du Parlement européen, sous la pression des critiques et après avoir été contestée par ses alliés. 

"On préfère avoir des présidences de commission qui comptent, des postes de coordinateurs, de rapporteurs où on peut beaucoup plus faire avancer nos priorités, où on va pouvoir créer un Office européen de l'asile, une Banque européenne du climat, un salaire plancher en Europe."

Nathalie Loiseau avait choqué avec des propos révélés dans le journal Le Monde. Elle a qualifié l’ex-Premier ministre belge, Guy Verhofstadt de "vieux de la vieille qui a des frustrations rentrées depuis quinze ans", l’ancien ministre français Jean Arthuis "d’homme totalement aigri". "Ce sont des propos qui posent question parce que l'esprit dans lequel on doit travailler en Europe c'est un esprit d'union, de compromis et de consensus", a réagi Amélie de Montchalin. "Ce sont des propos en off, je n'étais pas dans la pièce, donc je ne vais pas commenter plus au-delà."

Sur la question des risques de dérapage de son budget sur lesquels la Commission européenne a alerté la France, Amélie de Montchalin assure qu'"on sera à 2,2% de déficit hors mesures exceptionnelles à la fin de l'année 2019. C'est moins que ce qu'on a toujours eu depuis plus de 12 ans".

Présentation budgétaire en septembre

"On a pour la première fois réduit la dépense publique en volume en 2018. Cela n'était jamais arrivé." En ce qui concerne l'avertissement de la Commission européenne, "je suis certaine qu'il faut qu'on trouve des économies budgétaires et qu'on dise à la Commission européenne qu'on fait des réformes et que le rythme de réduction du déficit ne doit pas être brutal."

Concernant les réformes, "la ligne d'Édouard Philippe est très claire. Si on doit s'occuper plus du pouvoir d'achat des classes moyennes, si on s'occupe de réformer la prime d'activité, si on baisse les impôts de 5 milliards pour les premières tranches, ça ne peut pas être financé par nos enfants et nos petits-enfants. Donc, il y a des arbitrages qui sont pris en ce moment, des arbitrages courageux qui mettront en place des priorités", a insisté Amélie de Montchalin.

En septembre, une présentation budgétaire aura lieu. "Les parlementaires y sont attachés et l'esprit dans lequel on travaille y est attaché. Pourquoi les "gilets jaunes ont exprimé aussi fortement une exaspération fiscale ? Parce que depuis 15 ans on a réglé des problèmes sur leur dos. Aujourd'hui, ils disent ça suffit et nous aussi." Amélie de Montchalin a rappelé que cela "fait trois budgets que nous sommes en-dessous du 3% de déficit. On est le premier gouvernement depuis 35 ans à avoir réduit la dépense publique en volume."

Amélie de Montchalin, invitée de franceinfo le dimanche 16 juin.
Amélie de Montchalin, invitée de franceinfo le dimanche 16 juin. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)