La polémique entre "Le Monde" et "Valeurs Actuelles" en trois actes

Dans son édition du 16 octobre, le magazine publie un article détaillant les rendez-vous de deux journalistes d'investigation du quotidien. Le magazine les soupçonne de participer à un cabinet noir anti-Sarkozy dirigé depuis l'Elysée.

Le siège du quotidien \"Le Monde\", à Paris.
Le siège du quotidien "Le Monde", à Paris. (MANUEL COHEN / AFP )

Le ton monte entre le quotidien Le Monde et le magazine Valeurs actuelles. Le journal du soir a annoncé, mercredi 15 octobre, qu'il allait saisir la justice après la publication dans le magazine d'un article détaillant les rendez-vous de deux de ses journalistes chargés des enquêtes judiciaires, notamment des affaires qui concernent Nicolas Sarkozy. Ce qui a même valu une question posée au Premier ministre Manuel Valls lors des questions au gouvernement. Francetv info remonte le fil de cette polémique en quatre actes.

Acte 1 : "Valeurs actuelles" publie un article sur deux journalistes du "Monde"

Dans son édition du 16 octobre, le magazine consacre un article à Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Valeurs actuelles y détaille le travail de ces deux journalistes d'investigation et affirme que les deux hommes ont été reçus à l'Elysée, au ministère de la Justice et au pôle financier juste avant la publication de certains de leurs articles faisant état de révélations concernant l'ex-chef de l'Etat.

Pour le magazine, cela ne fait aucun doute : "Nicolas Sarkozy reste la cible prioritaire du pouvoir et de certains journalistes qui, bénéficiant de la violation du secret de l'instruction orchestrée par des juges, mettent en place une stratégie visant à empêcher son retour."

Acte 2 : l'article s'invite lors des questions au gouvernement

Quelques heures après la publication de l'article, le député UMP Georges Fenech, soutien de Nicolas Sarkozy, interpelle le Premier ministre, Manuel Valls, lors des questions d'actualité, à l'Assemblée nationale. L'élu suspecte les deux journalistes du Monde de participer à un cabinet noir anti-Sarkozy à l'Elysée.

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Le Premier ministre, Manuel Valls, répond : "L'indépendance de la presse et l'indépendance de la justice, ces deux principes, dans le passé, n'ont pas été tout le temps respectés." Et d'ajouter : "Nous sommes dans un Etat de droit, et ce gouvernement en particulier respecte le travail de la justice et les magistrats."

Acte 3 : "Le Monde" annonce qu'il va saisir la justice

Le quotidien annonce ensuite qu'il va demander au parquet de Paris l'ouverture d'une enquête pour espionnage et déposer une plainte pour diffamation et injure. "Au vu de l'article de Valeurs actuelles, il apparaît maintenant que les faits et gestes de nos collaborateurs étaient surveillés et qu'ils ont été probablement suivis", écrit le directeur du Monde, Gilles Van Kote, dans un éditorial.

"Ces méthodes visent clairement à empêcher nos journalistes d'effectuer leur travail d'investigation. Elles constituent une atteinte au secret de nos sources totalement inacceptable", ajoute-t-il.