Incidents lors des perquisitions à la France insoumise : "La moindre des choses serait de présenter des excuses aux policiers" estime le syndicat Alliance

Des images diffusées sur internet montrent Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, bousculant un policier et un procureur. Un comportement insultant, selon Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicats de policiers Alliance.

Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat de police Alliance, le 6 février 2013 à Paris.
Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat de police Alliance, le 6 février 2013 à Paris. (CHRISTOPHE PETIT TESSON / MAXPPP)

Au lendemain de la perquisition mouvementée au siège de La France Insoumise (LFI) durant laquelle le leader du mouvement, Jean-Luc Mélenchon, a bousculé un policier et un procureur selon des images diffusées notamment sur Facebook, le secrétaire général du syndicat de police Alliance, Jean-Claude Delage, réclame des excuses.

"La moindre des choses serait de reconnaître ce qu'il s'est passé comme quelque chose d'anormal et de présenter des excuses aux policiers qui étaient devant cette porte" estime le responsable syndical, invité de franceinfo mercredi 17 octobre.

"Je crois qu'il y a d'autres comportements à adopter plutôt que de s'en prendre aux policiers qui eux font leur travail correctement, avec impartialité et qui assistent la justice dans sa mission", poursuit-il. Une enquête a été ouverte aujourd'hui pour "menaces" et "violences" sur des policiers et des magistrats dans le cadre des perquisitions chez Jean-Luc Mélenchon et au siège de La France insoumise menées mardi 16 octobre.

Franceinfo : Jean-Luc Mélenchon a parlé d'un "traitement différent", "immoral", "d'une opération de police politique". Que lui répondez-vous ?

Jean-Claude Delage : Je trouve que c'est insultant de prononcer des mots comme ceux-là envers les policiers républicains français. Ensuite, ce sont des comportements insultants et inconséquents pour quelqu'un qui prône toujours l'exemplarité. Aujourd'hui, aller agresser, vociférer, hurler, face à des policiers presque bouche contre bouche et dire que nous sommes une police politique ou que nous agissons sur ordre parce que nous assistons dans le cadre d'une procédure des magistrats, je n'ai même pas de mots pour le qualifier. C'est insultant et ça ne fait pas honneur à ce qu'il représente en tant que parlementaire de la République française. Je crois que Jean-Luc Mélenchon et ceux qui l'accompagnent connaissent parfaitement le droit, ils sont des professionnels des procédures et de la politique. Donc je crois qu'il y a d'autres comportements à adopter plutôt que de s'en prendre aux policiers qui eux font leur travail correctement, avec impartialité et qui assistent la justice dans sa mission.

Allez-vous déposer plainte ?

Nous avons demandé au ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, de déposer plainte comme cela se fait habituellement. Nous serons bien entendu nous aussi présents sur cette plainte. J'espère d'ailleurs que tous mes collègues syndicalistes vont rapidement se mobiliser parce qu'insulter la police à ce point, insulter les policiers qui font leur travail, les gradés et gardiens qui étaient présents, je trouve que c'est méprisant pour la police et lorsqu'on représente la République en tant qu'élu, c'est inacceptable et inadmissible. Vous savez, il y a déjà eu plusieurs faits comme ceux-là. Jean-Luc Mélenchon a souvent tendance à détester la police, à dire que nous infiltrons les "manifs", que les casseurs parfois sont des policiers. À un moment, il faut arrêter ça. En tout cas, il n'a pas donné une image de l'homme qu'il est, certainement intelligent, un grand tribun. Il a plutôt donné l'image d'un homme qui s'emporte, qui ne respecte pas le droit et qui s'imagine qu'il doit être en dehors justement du droit et des lois de la République, en insultant des policiers et en s'opposant à des policiers qui eux sont là pour faire respecter les lois de la République.

Est-il encore possible d'avoir une enquête apaisée ?

Je n'en sais rien, ça dépend de Jean-Luc Mélenchon. J'allais presque dire qu'il m'avait habitué à mieux, dans ses propos et sa dialectique qu'il maîtrise parfaitement. Je crois que c'est quelqu’un qui est intelligent, là il s'est emporté, il a vociféré, il a hurlé, il a eu un comportement qu'on condamnerait d'ailleurs de la part de n'importe quel voyou de cité. Je crois que le politique doit donner l'exemple au risque, sinon, de discréditer sa fonction, la politique, et de discréditer l'État de droit et la République. Je n'attends aucune excuse à titre personnel. Mais en tant que secrétaire général d'Alliance, je pense que la moindre des choses serait de reconnaître ce qu'il s'est passé comme quelque chose d'anormal et de présenter des excuses aux policiers qui étaient devant cette porte. Ils ont fait leur travail parce qu'on les a requis et ils sont là de manière impartiale, quelle que soit la personne qui va être perquisitionnée.